Notre (non-)conseil de série : Defending Jacob (2020-)

« Defending Jacob » essaie de voler haut et de disséquer les enjeux du système juridique américain. Malheureusement, la série se perd dans les clichés et le pathétisme.

Une série au grand potentiel, mais dont l’exécution plonge dans les platitudes et le pathétisme. (© Apple TV)

Quand le camarade de lycée de son ado de 14 ans est retrouvé mort dans un parc près de son établissement scolaire, l’ambitieux substitut du procureur Andrew Barber s’occupe du cas. Le fait que son fils, Jacob, fréquente le même lycée ne semble pas trop l’irriter. Cela va changer rapidement quand des connaissances de Jacob vont lancer des rumeurs contre lui sur des forums en ligne et quand le père va trouver dans sa chambre un couteau – qui pourrait bien être l’arme du crime.

L’affaire est alors retirée à Andrew, qui va consacrer toute son énergie à faire sortir son fils et sa famille de l’impasse dans laquelle ils se trouvent. Si lui ne doute pas de l’innocence de son fils, Laurie, sa femme, n’en a pas le cœur net, et les doutes commencent à ronger ce qui restait de l’harmonie familiale. Et le fait qu’Andrew ne révèle qu’à ce moment que son père, que tout le monde croyait mort, est en réalité un tueur et violeur multirécidiviste qui passe ses jours en prison n’arrange pas les choses.

Une des questions qui traverse « Defending Jacob » est celle de savoir s’il existe quelque chose comme le « gène du meurtrier », qu’Andrew aurait transmis à son fils. S’il est vrai que sous l’apparence frêle de l’ado en pleine construction de soi se cachent parfois des impulsions spontanées, violentes et insoupçonnées, une idée pareille n’a rien à faire devant une cour de justice. Du moins en Europe : aux États-Unis, il semble que de tels arguments peuvent bel et bien être utilisés pour convaincre un jury.

Certes, la série est encore un grain plus complexe. Pourtant, le storytelling reste assez plat et fade. Les éléments de surprise tissés dans le scénario sont assez prévisibles pour des fans de séries averti-e-s. Mais c’est surtout le côté mélodramatique, qui pousse sur les glandes lacrymales du public, qui peut être décourageant. S’y ajoute le fait qu’à aucun moment la série ne quitte la sphère des Américain-e-s de la classe moyenne qui travaillent dans le secteur public et gagnent, du moins en fiction, étonnamment bien leur vie. Du moins les pubs cachées pour Audi et Apple sont tellement visibles que ça devient limite gênant. Bref, une série à ne recommander qu’à celles et ceux qui sont vraiment intéressé-e-s par cette sorte de questionnement.

Apple TV

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