Vidéosurveillance : silence, on tourne !

C’est par un communiqué lapidaire que le ministère de la Sécurité intérieure annonce l’extension de la vidéosurveillance dans le quartier de la gare et sur la passerelle à vélos du pont Adolphe.

L’idée d’étendre la vidéosurveillance dans la capitale n’est pas nouvelle. Il y a presque un an jour pour jour que le woxx mettait en avant un passage dans une réponse parlementaire du ministre de la Sécurité intérieure de l’époque, Étienne Schneider, sur la criminalité dans le quartier de la gare. Il y faisait savoir que son administration, ensemble avec la police grand-ducale et la Ville de Luxembourg, seraient en train de « finaliser un concept  actualisé » en matière de vidéosurveillance, « entre autres pour le quartier de la gare ».

Cette nouvelle avait donné lieu, en octobre dernier, à un échange plutôt musclé entre le conseiller vert de la capitale François Benoy et la bourgmestre libérale Lydie Polfer. La responsable avait alors vite écarté le thème en renvoyant la responsabilité à la commune et à la police – qui seraient les vrais demandeurs.

Quoi qu’il en soit, le nouveau ministre vert François Bausch (un ancien opposant à la vidéosurveillance tant qu’il n’était qu’échevin de la Ville de Luxembourg, soit dit en passant) vient de trancher en signant « une autorisation d’extension du système de vidéosurveillance dans le quartier de la gare (zone C) ainsi que sur la passerelle pour cyclistes sous le Pont-Adolphe (zone F) ». Les verts, si longtemps sceptiques, se sont donc ralliés à celles et ceux qui croient que le sentiment de sécurité des citoyen-ne-s prévaut à une réelle prise en compte des problèmes sociaux des quartiers sensibles – et que l’idée de surveiller tout le monde n’effraie plus.

Mais au moins le communiqué annonce-t-il que « la police analysera sur la période d’un an si l’installation de ces caméras aura provoqué un déplacement de la délinquance vers d’autres secteurs ». Et promet que l’inspection générale de la police sera chargée d’une étude sur l’efficacité de la vidéosurveillance (ici appelée « vidéoprotection » – joli glissement sémantique qui induit en erreur, car les caméras ne protègent personne). Ouf, nous voilà rassuré-e-s…


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