Exposition collective
 : Humain inhumain


Le Casino accueille une nouvelle fois les artistes Fabien Giraud et Raphaël Siboni. Après avoir présenté des parties de leur œuvre « The Unmanned » en 2014, ils proposent cette fois la première saison de ce projet dans son intégralité : 
« 2045-1542 ». L’occasion d’en mesurer toute la cohérence.

Depuis 2014, le duo de vidéastes composé de Fabien Giraud et de Raphaël Siboni travaille sur son projet « The Unmanned ». Une série de vidéos qui pose la question de la place de l’homme dans son environnement, ou comment l’espèce a évolué.

À intervalles réguliers, le duo produit ainsi des films étranges et dérangeants, faits de longs plans sans dialogues. La nature, les animaux, les bruissements des feuilles ou l’écoulement des flux sont la bande originale de ces films, parfois accompagnés d’une musique pour appuyer le propos. Le tout emballé sous la forme d’une série, narration à la mode même dans le milieu de l’art. Trois saisons sont au programme, pas une de plus.

Le résultat résonne avec force face à une actualité qui n’a de cesse de traiter des thèmes sortis tout droit de la science-fiction et devenus réels avec le transhumanisme. Inspirés par le travail du théoricien américain Ray Kurzweil, les artistes sont partis des conclusions de sa réflexion pour construire leur œuvre.

Selon Kurzweil, 2045 sera la date de basculement de l’humanité. L’instant où les hommes n’auront plus besoin des machines autrement que pour modifier le genre humain même. Fascinés par la première scène du film de Stanley Kubrick, « 2001: A Space Odyssey », cet instant où le premier outil des hommes-singes se transforme en arme puis en vaisseau spatial, les artistes remontent ainsi le temps pour mieux s’interroger sur les théories de Kurzweil.

Chacun de leur films, d’une durée de près de trente minutes, pose ainsi la question de ce basculement. Chacun de leur films est aussi un saut dans le temps et dans l’espace, à la manière de « 2001 ». Pas le temps de s’attarder sur les détails, l’essentiel prime toujours.

Dans l’un, on découvre un cheval, sa respiration, ses muscles, qui créent une tension immédiate. Dans l’autre, un enfant, visiblement perdu dans la jungle, va d’étonnements en découvertes face à des créations humaines, jusqu’à tenter de déchiffrer un étrange texte.

« Que se passe-t-il quand les fils engendrent les pères ? Quel genre de généalogie cela crée-t-il ? Qu’est-ce qui arrive à la morphologie du monde dans ce cas-là ? », interrogent Fabien Giraud et Raphaël Siboni. Autant de questions qui trouvent des réponses en filigrane dans les épisodes présentés au Casino. Le titre en dit d’ailleurs long sur l’ambition des artistes : « 2045-1542 (A History of Computation) ».

Ce compte à rebours commence en 2045 avec la mort de Ray Kurzweil et s’achève en 1542 avec l’arrivée des conquistadors en Californie, le lieu de naissance des théories transhumanistes. Cinq siècles mis en perspective en une saison, en huit épisodes qui traitent tour à tour du féminisme, de l’homophobie, du colonialisme. Vivement la saison deux, qui s’annonce haletante.

Jusqu’au 15 avril au Casino.

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