PETER JACKSON: Le seigneur des anneaux suite et fin

Après l’immense déception causée par „Matrix Révolutions“, une trilogie en chasse une autre et pour celle-ci, on ne boudera pas son plaisir.

Le petit Frodon doit détruire l’Anneau maléfique. Ce qui le rend plutôt pensif.

Pour le „Return of the King“, Peter Jackson a su, contrairement aux frères Wachowski, ajouter de la substance, alors que la belle impression laissée par le premier „Matrix“ s’effilochait à un rythme aussi soutenu que se succédèrent les deux derniers épisodes.

„Le retour du roi“ balaye, s’il en était besoin, les réserves suscitées par „Les deux tours „, considéré de l’avis même de Peter Jackson comme un épisode intermédiaire dans la folle épopée imaginée par Tolkien. L’intrigue, toujours aussi touffue, se divise en deux, celle qui suit les péripéties de Frodon, Sam et Gollum, pour tenter de gagner le Mordor afin d’y détruire l’Anneau unique, source de tous les maux et soustraire par cette louable action, la Terre du Milieu de l’emprise croissante du Mal et de Sauron.

D’autre part, Jackson nous emmène au pied de Minas
Tirith, là où se prépare la bataille des Champs du Pelennor qui sera décisive pour l’avenir du genre humain. Entre ces deux lignes narratives s’orchestre un crescendo haletant. Les scènes de batailles, sans équivalent, laissent malgré tout la place aux enjeux philosophiques, posés dans le premier épisode de la trilogie et que nous pourrions résumer par les propos de Viggo Mortensen (excellent Aragorn): „Le message présent dans la trilogie du Seigneur des Anneaux est intemporel. Au coeur de l’histoire, il y a un espoir qui provient d’un effort délibéré pour trouver ce que nous avons en commun plutôt que ce qui nous sépare. Cela me semble valable, à n’importe quelle époque. Chaque fois que l’on entreprend une guerre, que l’on pose un geste impliquant que l’on se considère comme différent des autres et non soumis aux règles gouvernant le reste de l’humanité, il y a un problème. C’était vrai il y a cinquante ou mille ans et cela l’est encore de nos jours“.

Venant de l’acteur américain, arborant fièrement un badge contre la guerre menée par Bush en Irak, cette réflexion ne sonne pas comme une énième propagande pour servir la promotion d’un film mais s’apparente plus à un véritable engagement de soi. C’est d’ailleurs avec la même motivation que Viggo Mortensen (déjà très remarqué dans „Witness“ de Peter Weir ou „Carlito’s Way“ de De Palma) s’est investi dans l’entreprise de Peter Jackson, prenant une part active à la production du film.

On en viendrait presque à regretter qu’il n’y ait pas de quatrième volet à cette trilogie parfaite en de nombreux points, tout en se gardant de tout encenser puisqu’il demeure çà et là de très légères réserves, comme celle par
exemple d’avoir voulu étoffer de manière peu pertinente le rôle d’Arwen ou celle d’avoir privilégié une fin à tiroirs un peu poussive. Ces considérations ne devraient pas entacher un succès plus que mérité alors que Peter Jackson a déjà la tête ailleurs. Le réalisateur néo-zélandais prépare en effet le remake d’un autre monument, celui du légendaire „King Kong“, qu’il veut plus fidèle à la première version de 1933, signée Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack. Là où d’autres aspireraient à un repos bien mérité, Peter Jackson continue de se frayer un chemin pareil à nul autre dans le cinéma à grand moyens.


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