JERÔME SALLE: Winch largué

« Largo Winch II » partait sur des bases sûres. Mais le film est trop compliqué pour être un film d’action pur et dur et pas assez profond pour devenir un classique.

Pas toujours facile d’être exemplaire…

En fait, Largo Winch (Tomer Sisley) est un sacré veinard : enfant adoptif et héritier désigné de Nerio Winch, le pédégé du groupe Winch, il coule des jours tranquilles dans tous les recoins de la planète. Mais après l’assassinat brutal de son père, les choses se corsent. Devenu un chef lui-même, il doit assumer les responsabilités sur des centaines de milliers de personnes qui travaillent pour son groupe. Largo, plus saint que Saint François en personne, décide de vendre tout le bazar et de transférer le pactole vers une fondation caritative qui sera dirigée par le meilleur ami de son père, Andreas Jung.

Malheureusement, tout le monde n’est pas d’accord avec ce beau geste et Largo Winch se retrouve – quelques minutes à peine après avoir paraphé les actes de vente de son empire – dans les mains de la justice. Plus exactement entre celles, féminines et belles de la procureure Francken (Sharon Stone), qui l’accuse de crimes contre l’humanité. L’histoire est vieille : Nerio Winch aurait fait raser un village entier en Birmanie pour mettre le grappin sur un gisement de nickel. Pour cela, il aurait payé un général corrompu qui s’est fait un malin plaisir à massacrer les villageois. Or, l’affaire est plus complexe que ça : si Largo se retrouve dans la ligne de mire de la cour pénale internationale, c’est aussi parce qu’il a des liens dans ce pays. Mais pas ceux qu’on lui suspecte, bien au contraire, puisqu’il a vécu pendant quelques mois avec des villageois d’une autre localité, mais qui appartiennent aussi à la minorité karène très opprimée par la junte militaire au pouvoir. Partageant leur vie en toute simplicité et filant le parfait amour avec la belle rebelle Malunaï (Mamee Napakpapha Nakprasitte), il est contraint de quitter le pays à la hâte, en compagnie de son nouvel ami Simon Ovrannaz (Simon Barthelemy), suite à un malentendu avec les rebelles.

Et tandis que Largo Winch essaie d’élucider ce sombre épisode de la vie de son père – car il croit en son innocence – d’autres se lèchent les babines face aux cours des actions Winch qui descendent en flèche?

Le problème avec le film de Jérôme Salle est récurrent dans beaucoup de films européens, surtout ceux qui reprennent un genre à l’origine américaine. Il est beaucoup trop complexe pour être un « bon » film d’action. Il y a trop d’idées dans le scénario qui l’étouffent et qui ne laissent pas de place à l’histoire pour se développer. Le spectateur doit être non seulement au courant de la situation politique en Birmanie et surtout en région karène, mais les fréquents sauts dans le temps plombent encore plus le film qui n’arrive jamais vraiment à respirer. Surtout que les événements racontés sont complexes et se jouent sur plusieurs niveaux : il y a le passé et le présent de Largo Winch, les agissements de la procureure, les pérégrinations des mafieux qui veulent saucissonner son empire et puis il y a encore le voyage de Gauthier (Nicolas Vaude), le larbin des Winch, qui doit retrouver un témoin important. Sans oublier encore le point de vue du général corrompu (Nirut Sirichanya), qui est aussi une des clés de l’intrigue.

En tout, le film – qui appelle d’ailleurs une suite – est surchargé et les quel-ques scènes d’action n’arrivent pas à le rendre plus harmonieux.

A l’Utopolis.


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