SIDÉRURGIE: Full Mittal Racket

Arcelormittal entre de plus en plus dans la ligne de mire de l’ire publique et ne change pas de cap, même après s’être fait remonter les bretelles par Jean-Claude Juncker himself.

Cette semaine, les parlementaires du CSV se sont enfin réveillés d’un long sommeil en ce qui concerne la gérance des sites luxembourgeois par Arcelormittal : « Je ne comprends pas comment d’un côté les engagements du gouvernement en matière de préretraites et de cellules de reclassement peuvent être chiffrées très précisément, alors que du côté d’Arcelormittal on reste dans le flou », s’est offusqué Michel Wolter, le chef du parti conservateur. Et de renchérir sur les droits d’émission non utilisés par Arcelormittal dans les usines à l’arrêt de Schifflange et de Rodange que le groupe entend monnayer à la bourse « alors qu’il pourrait aussi bien les réinvestir dans les usines, ou accompagner les mesures sociales portées par le gouvernement. Il y a une nouvelle culture dans la sidérurgie luxembourgeoise : Avant, quand une usine était déficitaire, on ne la fermait pas, mais on essayait de compenser par les résultats du groupe entier. Aujourd’hui, on ferme les usines une à une », comme l’a regretté le chef de la fraction du CSV Marc Spautz, qui a aussi parlé de « tactique du salami » à propos de la politique d’Arcelormittal de mettre d’abord des usines à l’arrêt, de profiter en même temps des droits d’émission non-utilisés et des subventions publiques avant de fermer définitivement les portes. En effet : si Schifflange n’est pas réactivé cette année, le haut-fourneau électrique deviendra inutilisable. Outre un communiqué ironique des Verts, qui se réjouissent que le CSV se rende enfin compte que le Luxembourg se fait berner par le géant de l’acier, la conférence de presse de lundi matin a aussi trouvé un écho auprès de Jean-Claude Juncker, qui, dans son discours sur l’état de la nation, a repris les critiques des parlementaires de son parti.

Que fait Arcelormittal ? Face aux accusations du premier ministre luxembourgeois, le groupe se montre peu impressionné et rappelle – à juste titre d’ailleurs – que la tripartite sidérurgique s’est tenue il y a quelques semaines à peine et que l’accord LUX 2016 qui en est sorti a été approuvé par tous les participants. Quant aux droits d’émissions, elle les considère comme sa propriété mais promet de les investir dans des projets écologiques, sans pourtant préciser lesquels, ni où ces projets seraient réalisés – alors qu’ils pourraient commencer par décontaminer les terrains d’Esch-Belval et d’autres sites industriels qui reviendront un jour ou l’autre à l’Etat, comme Juncker l’a d’ailleurs aussi demandé. Sinon, Arcelormittal reste sur sa ligne : revenir vers le « core business » en vendant ses parts dans des entreprises luxembourgeoises qui ne lui appartiennent pas. Comme Paul Wurth qui revient aux Allemands de SMS et d’Enovos dont les parties sont reprises par Axa – sans que l’Etat en profite pour réinvestir dans ces firmes afin de peser sur leurs décisions. Et bien sûr ne pas bouger d’un centimètre en ce qui concerne les revendications syndicales des métallos lorrains – d’ailleurs sans le support de leurs camarades luxembourgeois -, qui manifestaient ce mardi matin devant le siège où se tenait l’assemblée des actionnaires d’Arcelormittal. Assemblée pendant laquelle fut décidé d’ailleurs de verser 1,2 milliards d’euros en dividendes aux actionnaires, car après tout, le groupe en entier se porte très bien. Ce qui, au vu de ses méthodes plus que douteuses – ce n’est d’ailleurs pas qu’au Luxembourg qu’Arcelormittal engrange des subventions pour après fermer les usines,
mais il s’agit bien là d’une méthode globale – ne devrait étonner personne.


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