Comment sauver le climat ? : Fonds vert sur fond noir

von | 01.05.2017

L’espoir d’une issue win-win à la crise climatique continue d’être caressé par les acteurs financiers et économiques. Pendant ce temps-là, la température monte…

Paris, manif du 12 décembre 2015. (Photo : Raymond Klein)

« Green Cornerstone Bond Fund », c’est le nom de l’outil financier lancé lors de la session de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale la semaine dernière. Ce fonds, destiné à des projets liés à la lutte contre le réchauffement climatique en Afrique, en Amérique latine, en Europe de l’Est et en Asie centrale, est domicilié au grand-duché. Pierre Gramegna, présent à Washington, est cité dans le communiqué officiel du gouvernement : « En tant que partenaire stratégique du Green Cornerstone Bond Fund, le Luxembourg met en valeur les compétences de la place financière et prend ses responsabilités dans la lutte contre le réchauffement climatique et stratégique. »

Il est vrai que les indices d’une collaboration fructueuse entre les acteurs de la finance et les politiques climatiques ne manquent pas. Ainsi un rapport récent du Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP) constate que le volume des fonds verts a quasiment doublé entre 2015 et 2016. De nombreux acteurs financiers sont également engagés dans l’Energy Transitions Commission, qui vient de présenter une étude concluant qu’« éviter la surchauffe de la planète, tout en stimulant le progrès économique et social, est à notre portée » (« Le Monde »).

Investir dans le « vert », c’est bien beau, mais ne faudrait-il pas surtout cesser d’investir dans le « noir » ? D’après une enquête chez les plus grands gestionnaires de portefeuilles citée par le « Guardian », une majorité de ceux-ci tiendraient désormais compte des risques financiers climatiques. Certains experts évoquent même le spectre d’une crise financière mondiale déclenchée par le changement climatique et pire que la crise de 2008.

Pari(s) perdu

Pourtant, des banques comme JP Morgan Chase ou BNP Paribas – et même la Banque européenne d’investissement – continuent à fournir des capitaux à des sociétés construisant des centrales au charbon, comme l’illustre le cas de l’entreprise polonaise Energa, signalé par Reuters. En exigeant que ces sociétés utilisent l’argent fourni pour d’autres projets, les acteurs financiers respectent en apparence leurs « engagements verts ». Pourtant, il est clair qu’un tel apport d’argent frais facilite aussi les investissements dans la construction de centrales « noires ». Comme quoi la finance, c’est compliqué.

Entre-temps, outre-Atlantique, l’équipe dirigeante autour de Donald Trump délibère sur le prochain pas en matière de politique anticlimat. Après le décret présidentiel du mois dernier, il serait logique que les États-Unis se retirent du traité de Paris, auquel ils s’apprêtent à contrevenir. Mais certains estiment que, plutôt que de faire un éclat diplomatique, le pays pourrait continuer à miner le traité de l’intérieur, sans en souffrir les conséquences. Ce qui confirme les critiques d’un traité qui, parmi d’autres faiblesses, n’a pas prévu de mécanismes sanctionnant les pays cancres.

Enfin, n’oublions pas que le Luxembourg, qui se considère comme bon élève, est aussi parmi les champions de la subvention des énergies fossiles – grâce à sa fiscalité favorable. Abandonner ce type de politique est la revendication principale publiée par les pays du « Climate Vulnerable Forum », deux jours après le lancement du fonds « Green Cornerstone ». Sera-t-elle entendue par le ministre des Finances ?

Dat kéint Iech och interesséieren

NEWS

Droit du travail dans le monde : de mal en pis

Le droit du travail et les droits syndicaux étaient en recul partout dans le monde en 2025, constate la Confédération syndicale internationale (CSI), dans la treizième édition de son « Indice des droits ». Parmi les indicateurs les plus dégradés, elle pointe une hausse « des violations de la liberté d’expression et de réunion » (dans 50 % des...

NEWS

Lebensmittelpolitik scheitere an politischem Willen

Der 2019 gegründete Verein „Foodsharing“ äußerte diese Woche scharfe Kritik an der Lebensmittelpolitik der Regierung. Konkret ging es um den nationalen Aktionsplan für ein nachhaltiges Ernährungssystem, den das Landwirtschaftsministerium vergangenen April vorgestellt hatte (woxx 1882). Während die Regierung darin den Fokus jedoch auf...

NEWS

Kannerjugendtelefon: „100 Prozent“ menschlich

Angesichts der technologischen und gesellschaftlichen Entwicklung rund um sogenannte künstliche Intelligenz startete das Kanner-Jugendtelefon (KJT) vergangenen Dienstag die Kampagne „100 % menschlich“, um auf den Mehrwert menschlicher Beratung gegenüber KI-gestützten Alternativen aufmerksam zu machen. Urteilfreies Zuhören, menschliche Präsenz...

NEWS

Tripartite : Frieden dégaine le chéquier

La première tripartite de l’ère Frieden s’est ouverte ce mardi 2 juin. Les discussions, apaisées le premier jour, ont pris un tour plus vif dès le lendemain avec l’épineuse question du salaire social minimum, que les syndicats veulent voir davantage revalorisé.