Thurston Moore : By the Fire

Le dernier disque en date du poète noise et cofondateur des légendaires Sonic Youth reflète bien l’étendue de ses capacités : de l’intime vers le spectral, tout est sur « By the Fire ».

(©thurston_moore)

Ce n’est probablement pas un disque à écouter en famille assis devant la cheminée, même si certaines chansons s’y prêtent. Car les aficionados de Sonic Youth le savent, mieux vaut ne pas croire au calme dans les chansons composées par Thurston Moore. Presque dix ans après la séparation du groupe iconique qui a apposé sa marque sur des générations de musicien-ne-s dès les années 1980, il apparaît clairement que si Sonic Youth avait été les Beatles, le rôle de Paul McCartney aurait été pour Moore. Cela aussi à cause de son niveau de production frénétique et sa présence renforcée après la séparation – les rôles de John Lennon et de George Harrison seraient plus adaptés à son ex-compagne Kim Gordon et au second guitariste Lee Ranaldo.

Sur « By the Fire » Moore mise sur son combo habituel pour ses albums rock : Deb Googe (qui officiait dans My Bloody Valentine) à la basse et James Sedwards, connu pour son travail avec les rockeurs indé de Nought. Aux fûts, on retrouve pour certains morceaux le batteur historique de Sonic Youth Steve Shelley, mais aussi Jem Doulton (qui a collaboré notamment avec Roisin Murphy de Moloko) et Jon Leidecker pour les éléments électroniques.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que « By the Fire » emmène en voyage. Débarquant par un « Haschich » près des riffs que n’auraient pas renié Sonic Youth, il prend un tournant plus sludge rock avec l’apocalyptique Cantaloupe (dont le texte est une sorte de version de la Genèse), pour plonger dans une profonde méditation noise avec « Breath ». On retrouve aussi des chansons en solo de Moore, avec « Dreamer’s Work » notamment, qui évoque plutôt le titre de l’album ainsi que deux longues virées dans l’univers bruitiste et poétique propre au maître de la Fender Jazzmaster éternelle : sur « Locomotives », « Venus » et « Siren », qui prennent chacune plus de 12 minutes.

« By the Fire » n’est en rien un disque exceptionnel qui va changer le cours de la musique ; Moore n’a de toute façon plus rien à prouver. Mais c’est une excursion dans l’âme et la créativité d’un artiste hors pair qui vaut le détour.

 

 


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