MARK WATERS: Just like Heaven

Sortez les mouchoirs! „Just like Heaven“ est une adaptation sucrée d’un roman qui, pourtant, n’était pas inintéressant.

Colocataires d’une autre dimension: Reese Witherspoon et Mark Ruffalo dans „Just like Heaven“.

Que pouvait donner une adaptation d’un livre de Marc Levy à la sauce hollywoodienne en pleine période de fêtes? Une indigestion de bons sentiments qui ne retient que vaguement la trame du livre, lui enlève toute son originalité pour en arriver à ce qu’on peut attendre d’un film honnête et sans prétention.

Lorsque l’on visionne „Just like Heaven“, on ne peut s’empêcher de penser à d’autres références hautement hollywoodiennes sauce romantico-guimauve avec en tête de peloton, le célèbre „Ghost“ mettant en scène le couple Swayze-Moore. Seulement, du poétique „Et si c’était vrai“ de Marc Lévy, on espérait mieux.

Le réalisateur, Mark Waters („Freaky Friday“, „Lolita malgré moi“) aura au moins visé juste pour son couple d’acteurs. La pétillante Reese Witherspoon et le ni trop beau ni trop parfait Mark Ruffalo forment un duo agréable qui nous emmène, sans que l’on trouve l’énergie de résister, vers un happy end ultra prévisible que la production a préféré à la fin en points de suspension qu’avait imaginé Lévy. Soit, si l’on conçoit que le but était de toucher le coeur des jeunes filles et qu’on suppose que leur degré de maturité n’aurait pas intégré une fin trop ouverte, voire une suite, le procédé est acceptable.

Le scénario démarre au quart de tour, tout comme un épisode de la série „Urgences“. Elizabeth est médecin et ne vit que pour son travail. Elle est capable de se dévouer 26 heures d’affilée à ses patients sans réchigner. Comment ne pas la trouver sympathique? On aimerait vraiment qu’elle prenne le temps de se trouver un homme gentil et attentionné, aussi généreux qu’elle. Sa s´ur aussi. C’est pour cela qu’elle l’invite chez-elle en même temps que David, tellement seul et malheureux depuis le décès de son épouse survenu deux ans auparavant. Comment ne pas le trouver sympathique, lui aussi?

Cependant, il n’est pas prudent de prendre le volant avec un tel déficit de sommeil. Et ce qui devait arriver arrive à Elizabeth. Un accident de voiture la propulse droit dans le coma. Sauf qu’elle n’est pas tout à fait au courant du fait d’être réduite à l’état d’ectoplasme. La rencontre aura bel et bien lieu dans l’appartement que vient de louer David. Un heureux hasard veut qu’il loue l’appartement de la belle. Il l’a choisi pour son sofa, le seul meuble capable d’accueillir sans broncher son mal de vivre. Tranquillement vautré, une énième cannette de bière à la main, le veuf est dérangé par l’apparition éthérée d’Elisabeth, atterrée de tomber nez à nez avec un squatteur même pas foutu de placer des sousverres sur la jolie table en acajou du salon. David, croyant à une sombre arnaque à la location, s’entend dire que l’appartement et son contenu appartiennent bien à Elisabeth et remarque au passage son état de fantôme quelque peu amnésique. De franchement exaspéré, David va passer à franchement St-Bernard. Il décide d’aider Elisabeth à découvrir qui elle est dans l’espoir de rapidement s’en débarrasser. Mais voilà que la magie opère insidieusement et peu à peu, les deux solitaires ne savent plus se passer l’un de l’autre. L’opération guimauve peut commencer.

D’autant plus qu’un espoir survient: Elisabeth n’est pas tout à fait morte, on vous laisse deviner la suite. L’originalité initiale du scénario laisse place aux thèmes chers au cinéma commercial américain. Elisabeth aide le pauvre David à se sentir mieux dans ses pompes, ce qui donne envie à ce dernier d’aider Elisabeth à rentrer de nouveau dans les siennes, et tout cela, sans la moindre arrière-pensée bassement lubrique. Que de l’amour, du vrai. Vive le père Noël!


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