CULTES CONVENTIONNES: La manne terrestre

von | 27.07.2007

La convention entre l’Etat et l’Islam luxembourgeois pose Ă  nouveau la question du financement public des cultes.
Est-ce vraiment la meilleure solution?

Le ministre de l’emploi, François Biltgen, fait son travail. En automne, il fera voter une loi qui crĂ©era sept emplois rĂ©munĂ©rĂ©s plus que correctement. Bon d’accord, cette prouesse est plutĂ´t Ă  attribuer Ă  un autre ministère dont il a la charge: celui des cultes. A l’instar des Ă©glises catholiques, protestantes, orthodoxes, des anglicans et des juifs, l’islam va Ă  son tour, par le biais d’une loi, conclure une convention avec l’Etat. Un mufti, cinq imams et un secrĂ©taire de la shoura (l’assemblĂ©e des croyants) recevront ainsi des traitements assimilĂ©s Ă  ceux de la fonction publique (C7 pour le mufti, C4 pour le secrĂ©taire et C2 pour les imams). Des dĂ©dommagements terrestres assez consĂ©quents pour ceux qui se tournent vers les cieux.

Selon Biltgen, la laĂŻ citĂ© du Luxembourg a un caractère „ouvert“, et non pas „distanciĂ©“, comme le modèle rĂ©publicain français. Celui-ci aurait d’ailleurs Ă©chouĂ© et contribuĂ© Ă  la formation des communautarismes. C’est ce qui arrive, dixit Biltgen, lorsque le religieux est confinĂ© dans la sphère privĂ©e. Avouons que cette affirmation est un peu lĂ©gère. Si des tensions communautaires existent en France, elles sont bien moins dues au modèle laĂŻ c et rĂ©publicain qu’aux inĂ©galitĂ©s sociales et leur ghettoĂŻ sation. Mais il est plus facile de mettre en cause le modèle avant-gardiste de stricte sĂ©paration de l’Etat et des Ă©glises, que l’inefficacitĂ© du modèle Ă©conomique libĂ©ral. D’ailleurs, la Grande-Bretagne, l’Espagne ou les Pays-Bas n’ont pas eu besoin d’instaurer un système laĂŻ c pour avoir leur propre lot de tensions, voire d’affrontements communautaires.

Mais de quel communautarisme le ministre parle-t-il au juste? Car une chose est sĂ»re de nos jours: on ne parle pas de l’islam comme l’on parle d’autres religions. La rĂ©surgence de l’islam politique, bien plus vivace que le militantisme politique des autres religions, pose Ă©videmment problème. En insistant sur l’origine balkanique de la majoritĂ© des musulman-e-s rĂ©sidents au Luxembourg et donc de leur „traditions europĂ©ennes“, Biltgen a pris conscience de l’islamophobie et de l’arabophobie latente d’une frange de la population. Ce genre d’argument est d’une grande maladresse. Que sous-entend-il ainsi? Qu’un musulman kosovar serait plus civilisĂ© et moins enclin Ă  la violence qu’un musulman arabe? Et quelles sont-elles ces „traditions europĂ©ennes“? Les droits de l’homme ou les gĂ©nocides? Les Lumières ou l’inquisition?

Ainsi, le système de conventionnement des grandes religions serait un gage de meilleure intĂ©gration des communautĂ©s religieuses dans la sociĂ©tĂ© civile. Cet argument n’a pourtant jamais Ă©tĂ© posĂ© lors du conventionnement des anglicans, par exemple. D’ailleurs, les 8 Ă  10.000 musulmans vivant au Luxembourg ne se promènent pas dans les rues une kalachnikov Ă  la main. Et ce, indiffĂ©remment que leur culte, pour autant qu’ils soient tous croyants, soit officiellement reconnu par l’Etat ou non. Par contre, l’infime minoritĂ© qui rĂŞve d’instaurer un khalifat europĂ©en n’a que faire qu’un gouvernement d’hĂ©rĂ©tiques chrĂ©tiens les reconnaisse ou les subventionne.

En fait, ce qui importe, c’est surtout qu’une communautĂ© religieuse ou nationale ne se sente pas sciemment discriminĂ©e par rapport Ă  d’autres. Evidemment, si les prĂŞtres catholiques ou les rabbins peuvent jouir de la manne des contribuables (puisqu’ils attendent en vain la manne divine qui ne vient pas – comme c’est Ă©trange), pourquoi pas les imams? Mais le traitement Ă©galitaire des religions pourrait ĂŞtre vu sous un autre angle: l’Etat ne donne rien et les communautĂ©s religieuses s’autofinancent. Après tout, pourquoi maintenir en vie artificiellement une religion qui ne trouve plus assez de fidèles pour payer l’aumĂ´ne? Cette solution n’aggraverait certainement en rien les tensions communautaires, mais serait bien plus Ă©conomique et respectueuse des contribuables athĂ©es du Luxembourg, dont certains sont certainement las de financer toutes sortes de cultes.

Dat kéint Iech och interesséieren

FEMINISMUSKOMMENTAR

Antifeminismus: Empörung ohne Inhalt

Gérard Schockmel greift in einem Gastbeitrag den Feminismus mit frauenfeindlicher Rhetorik an. Der Fall zeigt, wie dringend weite Teile der Politik sich ernsthaft mit Antifeminismus auseinandersetzen müssen. Von einer „rücksichtslosen Ideologie“, einem „Diktat des Feminismus“ und der „Diskriminierung des Mannes“ schreibt Gérard Schockmel in...

KOMMENTARNEWSSOZIALES

Legalisierung von Pfefferspray: Gepfeffert

Pfefferspray ist in Luxemburg verboten. In einer Pressemitteilung fordern die Jonk Demokraten nun die Legalisierung der Waffe. Von Fehlannahmen und Feindbildern. „Die Sicherheit von Frauen wird in Luxemburg immer wieder als politische Priorität genannt. Dennoch fehlt es oft an praktischen Mitteln, die es Betroffenen ermöglichen, sich in akuten...

NEWSSOZIALES

Religion : Dieu n’est pas mort !

Dieu n’est pas mort, et c’est le directeur général du Statec, Serge Allegrezza, qui le dit dans une étude qui conclut néanmoins à un « net recul des pratiques religieuses » au Luxembourg. Dieu n’a pas totalement disparu de nos existences, mais il se fait assurément plus discret, perd des adeptes et prend des visages nouveaux à la faveur de...