Les retraites luxembourgeoises, une « bonne affaire » ?

von | 30.11.2017

Le think tank Idea s’est attaqué à la question des retraites, mais en choisissant un angle original.

« Pensons pensions ! » Le titre fait penser à une pub pour vendre des contrats de retraite complémentaire. Mais l’étude publiée aujourd’hui par la fondation Idea inciterait plutôt au contraire, du moins à première vue. Au bout d’un calcul sophistiqué, ce think tank proche de la Chambre de commerce constate en effet que le rendement de l’assurance-retraite publique luxembourgeoise est excellent : pour différents cas de figure, Idea obtient des taux de rendement par euro investi, pardon, cotisé, allant de 6,54 à 7,45 pour cent par an.

Le débat compliqué autour des retraites

Avant d’évoquer le sens à donner à ce constat, il faut le placer dans le contexte : l’étude d’Idea, présentée comme « idée du mois no 19 », fait tout d’abord le tour du débat sur les retraites au Luxembourg. « Pour les uns, ‘tout va pour le mieux’ puisque le système réussit l’exploit d’être particulièrement généreux (…) tout en étant selon eux peu coûteux », tandis que « pour les autres ‘il y a péril en la demeure’, car l’apparente bonne santé actuelle de l’assurance pension se révèle n’être qu’un trompe-l’œil qui ne résiste pas à une analyse éco-démographique ». Le débat et les positions de différents acteurs de la vie publique sont bien résumés.

La deuxième partie de l’étude analyse le rendement des cotisations comme s’il s’agissait d’un placement financier. Entre les différents salariés types considérés, le taux de rendement varie peu. Il est plus favorable pour les salaires peu élevés, mais cet effet redistributif est sans doute annulé par l’espérance de vie en moyenne plus courte, ce dont les calculs ne tiennent pas compte. En théorie, le rendement est encore meilleur pour les femmes parce qu’elles vivent plus longtemps. En réalité, fait observer le document, elles ont souvent des carrières incomplètes qui pénalisent le rendement.

La conclusion d’Idea est livrée avec un clin d’œil : il faudra réformer le système « d’ici 2060 », l’année-horizon des scénarios catastrophes actuels. Pour le reste, le Luxembourg disposerait de marges de manœuvre, mais « il faudra veiller à ne pas se tromper de rythme et à engager [des réformes] au moment opportun ».

Le woxx reviendra sur les autres conclusions et critiques que peut inspirer cette étude, contribution intéressante au débat – préélectoral ? – autour des retraites.

Édito qui approfondit la question dans l’édition du 1er décembre.

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