Esch 2022 : Que les travaux commencent 

Après de longs mois de préparation, on y est : Esch-sur-Alzette sera la capitale européenne de la culture en 2022. Reste à savoir si le changement d’équipe politique sera bénéfique au projet.

Esch se prépare activement à l’année culturelle en tatouant ses murs. (Photo : woxx)

Douze stations, c’était le chemin de croix parcouru par les membres du jury européen en charge de donner l’agrément aux villes candidates au titre de capitale européenne de la culture. Jeudi dernier, ils ont  parcouru les « hot spots » de l’année culturelle à venir à bord d’un bus « vintage », avec à chaque station un camion transformé en œuvre d’art qui les attendait. À la fin de la journée, une petite sauterie a été organisée dans la grande salle de la Kulturfabrik – où l’on pouvait apercevoir le « who’s who » de la scène culturelle luxembourgeoise, agrémenté de figures issues du monde politique local et national.

Cependant, alors que même le coordinateur de la capitale culturelle 2007 Robert Garcia avait trouvé le chemin d’Esch, ni le ministre de la Culture, ni son secrétaire d’État n’avaient fait le déplacement. D’ailleurs, au cours de la conférence de presse où fut annoncée la bonne nouvelle (à laquelle, soyons honnêtes, chacun s’attendait), Xavier Bettel est resté quasi muet. Sur ce projet, l’unanimité n’est que de façade – les rumeurs affirmant que le ministère n’aurait pas été le plus grand fan d‘Esch 2022 ne sont peut-être pas dépourvues de fondement.

Le grand moment : l’agrément est donné – champagne ! (Photo : woxx)

Quoi qu’il en soit, l’agrément tant espéré, en premier lieu par le duo à la tête de la coordination d’Esch 2022, Janina Strötgen et Andreas Wagner, est devenu réalité. À partir de maintenant, ils peuvent se jeter dans l’aventure avec toute leur énergie. Surtout que les défis sont grands et multiples. Non seulement il faudra travailler avec les communes du bassin minier (plus huit communes françaises associées au projet), mais depuis 2007 les conditions d’obtention de l’agrément capitale européenne de la culture ont changé. Ainsi, la durabilité est une condition essentielle et non une plus-value. Les projets culturels qui auront lieu en 2022 devront donc commencer dans les années qui précèdent et perdurer après – et on ne parle pas que d’infrastructures, mais aussi d’événements, par exemple des festivals qui continueront au-delà de l’année culturelle.

Autre défi : le changement de cap politique à Esch-sur-Alzette. L’année culturelle a été le bébé de la coalition LSAP-Verts, et si ces derniers restent aux manettes, la culture a tout de même toujours été chaperonnée par les socialistes et leur échevin Jean Tonnar. Que Pim Knaff, son successeur aux responsabilités culturelles, ait le même ADN politique que le ministre de la Culture peut être un avantage – mais pourrait aussi changer la donne pour certains projets. En tout cas, la bonne nouvelle avait son brin d’amertume pour la bourgmestre sortante Vera Spautz. Ce sera sa concurrence politique qui récoltera les fruits du travail de son équipe, tandis que cette dernière observera la réalisation de l’ambitieux projet à partir des bancs de l’opposition.

Esch 2022, qui se fera sur le thème « Remix », a le devoir de (re)dynamiser une région certes peuplée densément, mais où le vivre-ensemble fait souvent défaut – à cause d’une population très diverse qui souvent évolue en sociétés parallèles. Un changement ne peut intervenir que par le biais de la culture, c’est pourquoi tant d’espoirs pèsent sur les épaules de l’équipe en charge.

Les défis sont nombreux, mais les espérances le sont aussi – surtout qu’une chose est sûre dès maintenant : d‘Esch 2022, il restera plus qu’un centre culturel de plus.


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