Mineur-e-s à Schrassig : l’ombudsman recadre Braz

Malgré l’ouverture d’une unité spécialisée à Dreiborn, des mineur-e-s sont toujours enfermé-e-s à la prison de Schrassig. Maintenant, la médiateure Claudia Monti réagit dans une lettre ouverte.

La médiateure Claudia Monti ne cache pas son agacement dans une lettre ouverte adressée « à l’ensemble des responsables des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ». En cause : la détention, révélée par le Land, de mineur-e-s au centre pénitentiaire de Schrassig (CPL). Et ce, malgré l’ouverture, en novembre 2017, d’une unité de sécurité pour mineur-e-s à Dreiborn.

Avant l’ouverture de cette unité, appelée « Unisec », les mineur-e-s auxquel-le-s on reprochait des crimes et délits « lourds », étaient communément enfermé-e-s à Schrassig, dans une prison destinée à enfermer des adultes. L’enfermement de mineur-e-s à Schrassig était régulièrement critiqué par des associations et institutions de défense des droits humains et des droits de l’enfant, aussi bien luxembourgeoises qu’internationales, mais aussi par les Verts…qui détiennent aujourd’hui le ministère de la Justice en la personne de Felix Braz.

« Le médiateur lance dès lors un appel vibrant aux responsables politiques afin de bannir dans les meilleurs délais et définitivement la possibilité d’un placement d’un mineur au CPL dans les textes législatifs et règlementaires pertinents », écrit l’ombudsman Claudia Monti dans sa lettre ouverte.

L’« Unisec » à Dreiborn n’ayant été à aucun moment au bout des capacités prévues et disposant, contrairement à la prison de Schrassig, des infrastructures nécessaires à l’enfermement de mineur-e-s selon les normes internationales, les infrastructures sécuritaires y étant « aux dernières normes », aux yeux de la médiateure, « il n’existe plus aucune justification pour maintenir la possibilité d’un placement de mineurs au CPL ».

Monti, qui souligne qu’elle n’est plus prête à faire de compromis en la matière, met d’ailleurs en garde les autorités compétentes : « Le médiateur estime qu’il est de son devoir d’informer le cas échéant le CPT (Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants, ndlr) et le Sous-Comité pour la prévention de la torture des Nations unies s’il n’était pas rapidement mis fin à cette pratique. »


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