Drones : l’US Navy subventionne l’Uni

Des chercheurs luxembourgeois ont récemment développé un algorithme qui permet à des nuées de drones de neutraliser tout intrus.

Jusqu’à présent, les vols de drones en essaim, aussi spectaculaires qu’ils paraissent (comme récemment la danse des 1374 de la société chinoise EHang) restent de l’ordre de l’illusion : en effet, le mélange d’esprit collectif et d’autonomie qui semble animer ces groupes de drones n’est après tout que le résultat d’une chorégraphie soigneusement préparée. Changez de terrain et d’environnement et ces engins aussi magiques que terrifiants – il suffit d’imaginer un instant ce que cette technologie signifierait pour des drones de combat – finiront par heurter des obstacles s’ils n’entrent pas en collision entre eux.

Les nuées d’oiseaux, inspiration à la base des recherches sur le vol coordonné mais individuel de drones en essaim représentent aux yeux des chercheurs une intelligence collective que la nature a développé pour traverser des environnements hostiles. Et dont ils voudraient bien se servir pour rendre les drones plus résistants, dans un espace toujours plus grand et au cours de missions toujours plus longues. Or comment arriver à faire prendre aux drones des décisions individuelles, tout en continuant à fonctionner de manière effective au sein d’un groupe ? Ce problème continue de représenter un défi scientifique majeur.

Usage civil en vue ?

Lundi, l’université du Luxembourg a annoncé que l’US Navy Office of Naval Research (ONR) venait de récompenser par un financement de trois ans, les recherches du Parallel Computing and Optimization Group (PCOG) dirigé par le professeur Pascal Bouvry. Récemment, les chercheurs luxembourgeois avaient développé un algorithme permettant à une nuée de drones de neutraliser tout intrus. Dès qu’elle détecte un intrus, elle entre en formation défensive pour aussitôt l’escorter hors de la zone de vol et le neutraliser. Le concept consiste en cinq phases : déploiement, regroupement, formation, chasse et escorte.

Le Pr Matthias R. Brust, aux côtés du Pr Pascal Bouvry et du Dr Grégoire Danoy de l’Université du Luxembourg.

Une rencontre officielle entre le directeur scientifique de l’ONR, Ayodeji Coker, et le lieutenant-colonel Shad Reed de l’Air Force Research Laboratory avec les représentants de l’université a eu lieu le 16 octobre dernier à Belval. Les discussions auront entre autre portés sur les opportunités de futures collaborations.

Selon le professeur Matthias R. Brust, chercheur interrogé par le magazine techxplore, cette technologie est « un candidat intéressant pour une large gamme d’applications ». Elle pourrait en effet, non seulement intéresser le secteur militaire mais également des compagnies privés, en train d’étudier la livraison par drone, et dont l’apparition massive entraînerait de nouvelles questions de sécurité.

Quant à l’équipe de l’Uni, le développement algorithmique et l’étude de validation terminé, l’heure est à présent aux essais de drones réels sur le terrain, indique Matthias R. Brust.


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