Élections : Départ à gauche

Être parmi les premiers partis à adopter un programme électoral, voilà le but du congrès de Déi Lénk de ce jeudi 21 juin. Mais entre radicalité et réalisme, la formation politique n’arrive pas à se décider.

Le parti Déi Lénk a été fondé comme un groupement de gauche radicale. Ces temps-ci, il donne parfois l’impression de suivre une ligne plutôt réformiste ou « trade-unioniste » (c’est-à-dire liée fortement au mouvement syndical). Cette « social-démocratisation », qui plaît aux un-e-s et déplaît aux autres, n’est pas si nette que ça…

Certes, dans le cadre de l’élaboration de son programme électoral, le parti Déi Lénk a souligné qu’en plus des objectifs ambitieux pour l’avenir, il propose des mesures concrètes à mettre en œuvre immédiatement. Avec 400 revendications regroupées en 22 chapitres, on est plus proche des catalogues présentés par les quatre partis « de gouvernement » que d’un programme révolutionnaire.

Et pourtant ! Un communiqué de Déi Lénk met en avant cinq mesures pour le progrès social. On y trouve des propositions telles que la semaine de 32 heures, le « droit au travail » avec l’État comme « employeur de dernier ressort », ainsi que l’augmentation du salaire minimum de près de 20 pour cent. Des mesures qui, pour être mises en œuvre « immédiatement », nécessiteraient sans doute une sorte de révolution, avec ou sans « prise du palais grand-ducal ».

La révolution, mais pas tout de suite

Alors, Déi Lénk, parti révolutionnaire quand même ? En fait, le parti semble avoir du mal à se décider. En effet, en y regardant de plus près, on se rend compte que les 32 heures sont à l’horizon 2030 et que le salaire minimum s’étalerait jusqu’en 2021 – une partie des 20 pour cent étant donc obtenus à travers l’indexation automatique. En fin de compte, les demandes de Déi Lénk ne vont pas beaucoup plus loin que celles de l’OGBL… et celles que l’aile gauche du LSAP voudrait inscrire dans son propre programme. Quant à la question de la croissance, le parti hésite également entre une critique fondamentale et un discours sur les aménagements nécessaires qu’il partage avec les partis de centre gauche (voir online-woxx : « Programm soll wachsen »).

Une originalité dans l’élaboration du programme a été la possibilité donnée à toute personne intéressée de commenter et de compléter le texte mis en ligne sur 2018.dei-lenk.lu, et qui est donc « provisoire ». L’espoir de Déi Lénk : « Notre programme sera enrichi par une large discussion, ce qui nous permettra de proposer un contenu plus complet, qui corresponde vraiment aux attentes des gens. » En fait, les réactions citoyennes au programme ont été peu nombreuses, et la « large discussion » n’a pas eu lieu. Reste le mérite d’avoir essayé là où d’autres partis s’étaient contentés de recueillir sur un site internet les « idées » des gens – sans grand succès non plus.

Ce soir 21 juin, à partir de 18h30 au Tramsschapp, se tiendra le congrès qui adoptera le programme. Il a été baptisé « meeting », sans doute en référence à ceux organisés autour de Jean-Luc Mélenchon. À défaut d’un-e leader charismatique au Luxembourg, Déi Lénk met l’accent sur le caractère convivial : apéritif gourmand à partir de 18h et rencontre avec les 60 candidat-e-s. Et, là encore, la réunion sera ouverte à « chacune et chacun qui s’engage pour des idéaux de gauche ».


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