Greenpeace : renouvelez l’Europe !

Alors que les négociations sur le « Clean Energy Package » entrent dans la phase finale, une action de Greenpeace a tenté de secouer les ministres européen-ne-s réuni-e-s à Luxembourg.

Des panels solaires sur mon toit ? Action de Greenpeace lors du Conseil des ministres de l’Énergie au Kirchberg.

« Pour une révolution solaire sur nos toits », c’était le mot d’ordre de l’action de Greenpeace, lundi dernier à l’occasion du Conseil des ministres de l’Énergie. Les militant-e-s ont escaladé la façade du centre de conférences au Kirchberg, non pas pour monter jusque sur le toit du « Héichhaus », mais pour fixer une banderole au-dessus de la porte d’entrée. Le slogan « Our sun. Our power. Our future. » devait rappeler aux ministres européen-ne-s que « sans une hausse rapide des énergies renouvelables, axée sur une révolution solaire des toits, l’Europe ne peut pas devenir un leader en matière de protection du climat ».

Le conseil devait débattre de la position des gouvernements des pays membres sur trois textes importants du « Clean Energy Package », avant de commencer les négociations « en trialogue » avec la Commission et le Parlement (woxx 1468). Un certain optimisme régnait, parce que les nouveaux gouvernements espagnol et italien sont nettement plus sensibles aux enjeux climatiques que leurs prédécesseurs.

Dieschbourg en photo, Schneider à table

Les revendications de Greenpeace laissaient de côté la directive sur l’efficacité énergétique, mais concernaient celle sur les énergies renouvelables ainsi que la « Governance Regulation ». Cette dernière déterminera « la possibilité pour les Européens de générer, consommer, partager et vendre leur propre électricité » et l’ONG souhaite qu’on réduise « les frais et formalités administratives décourageant les ménages et petites entreprises à investir » dans les énergies renouvelables. Greenpeace demande également une directive plus ambitieuse : « Un objectif de 45 % d’énergies renouvelables pour 2030 permettrait d’aligner l’Union européenne avec les engagements pris lors de la signature des accords de Paris. »

Un communiqué du ministre de l’Économie le lendemain du conseil affirme qu’« Étienne Schneider a plaidé (…) pour un objectif d’au moins 35 % en matière d’énergies renouvelables ». Un chiffre bien au-dessus des 27 % initialement proposés par les pays membres, identique à celui réclamé par le Parlement, mais bien en dessous des revendications écologistes. Détail intéressant, ce n’est pas le ministre responsable de l’énergie, mais la ministre de l’Environnement Carole Dieschbourg, qui s’est fait prendre en photo avec des militant-es de Greenpeace devant le centre de conférences. Ce qui n’a pas empêché l’ONG de critiquer le grand-duché, qui serait « toujours à la traîne concernant la production d’énergie à partir d’énergies renouvelables ».

Carole Dieschbourg avec les militant-e-s de Greenpeace.

Du Conseil des ministres de l’Énergie au trialogue

Concernant l’objectif de la part d’énergies renouvelables pour 2030, le conseil n’a pas arrêté de position commune, mais de nombreux gouvernements se sont prononcés en faveur de 35 %. Au bout des négociations en trialogue, qui doivent se poursuivre cette semaine, il faut tout de même s’attendre à un compromis moins ambitieux, mais sans doute au-dessus de 30 %. Cela d’autant plus que l’Allemagne se retrouve plutôt dans le camp des « frileux ». Le site Euractiv rapporte ainsi que le ministre Peter Altmaier (CDU) a insisté sur la nécessité de se donner des objectifs « responsables, mais atteignables ».

Les ONG écologistes ne s’y sont pas trompées, et le réseau Climate Action Network a mis en garde contre les ministres qui avaient émis « des réserves risquant de miner l’adoption d’un cadre ambitieux pour la politique climatique à l’horizon 2030 ». Et de faire appel au Parlement européen de maintenir son objectif de 35 %. Un sujet à suivre.

 


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