Programmes électoraux : Que des écolos ?

Bilan mitigé selon le Mouvement écologique. Dans les programmes des partis, il a trouvé le meilleur et le pire.

Désolé, vous n’aurez pas de recommandation de vote claire de la part du Mouvement écologique. Ce n’est pas son rôle en tant qu’ONG, explique-t-il à la fin de l’analyse des programmes électoraux qu’il vient de présenter. Néanmoins, la présentation des positions des partis dans huit domaines, citations à l’appui, remplit près de 30 pages.

Qui est contre le tram, qui favorise la construction de routes ? Le chapitre consacré à la mobilité est assez représentatif de la démarche du Mouvement. Tout d’abord, constat d’un consensus flou : tous les partis soutiennent le développement des transports en commun et de la « mobilité active », en particulier le cyclisme. Mais les positions sur le tram, et surtout les attitudes par rapport à la mobilité individuelle motorisée divergent. L’ADR et le parti pirate semblent vouloir jouer le rôle de « parti automobile » : ils rejettent le tram et voudraient promouvoir la circulation en voiture. Au goût du Mouvement, le CSV, le LSAP et le DP, en ordre décroissant, se montrent trop favorables à la construction de nouvelles routes. Seules les positions de Déi Gréng, Déi Lénk et du KPL accorderaient clairement la priorité aux transports en commun.

Sur le sujet de la croissance, le Mouvement se sent encore plus seul. Certes, il constate un large consensus pour limiter la croissance et même pour promouvoir l’économie circulaire. Mais la plupart des positionnements sont très flous, même si les partis soulignent l’importance des écosystèmes de base et la nécessité de repenser la croissance. Aucun parti n’adopte un objectif de croissance zéro à moyen terme, tel qu’il est tenu pour indispensable par nombre d’écologistes. Quant à la « croissance qualitative » et autres déclinaisons du concept, le Mouvement s’en méfie et y voit un subterfuge pour éviter des changements fondamentaux.

Croissantophobie n’est pas xénophobie

Soucieuse de ne pas être mise dans le même panier que l’ADR, l’ONG prend explicitement ses distances. « Le débat sur la croissance mené par l’ADR est complètement différent de celui que le Mouvement écologique estime nécessaire. » Le parti de droite ne se soucierait pas des limites écologiques de la croissance, mais de la croissance démographique et plus particulièrement de l’augmentation de la proportion de non-Luxembourgeois. Cette distanciation est artificielle, car les mêmes personnes peuvent être attirées par les discours et du parti et de l’ONG, puisque la croissance démographique a un impact évident sur les écosystèmes et les équilibres socioéconomiques. D’un autre côté, en évoquant dans son programme le « diesel bashing » et les « mesures de rééducation [écologique] », l’ADR montre qu’il est aux antipodes de tout ce que peut représenter le Mouvement écologique.

Au-delà de cette clarification, que faire de l’analyse de l’ONG environnementale ? Elle se limite à huit domaines et reste donc partielle. Partiale, elle refuse de l’être, mais n’en demeure pas moins subjective – et sera contestée, selon les cas, par les adeptes d’un parti ou par ses détracteur-trice-s. L’intérêt du document est d’inciter les personnes politiquement intéressées à analyser par elles-mêmes les positions des partis – une sorte d’invitation au voyage à travers les programmes électoraux.

L’analyse est disponible en allemand seulement : woxx.eu/mecowahl2
Des présentations des revendications du Mouvement sont disponibles en français et en anglais : woxx.eu/mecowahl1

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