EXPOSITION COLLECTIVE: Art de rire

Ne peut-on traiter des sujets les plus sensibles qu’avec gravité ? Au Casino de Luxembourg de jeunes artistes de toute l’Europe évoquent le racisme, l’insécurité ou la pollution en gardant leur sérieux mais sans hésiter à nous faire sourire.

« Don’t Worry, Be Curious ! » Le titre de la dernière exposition du Casino est une véritable invitation à la légèreté. Au départ, celle-ci n’avait pas vocation à être montrée au Luxembourg. Elle a, en effet, été mise en place dans le cadre d’une manifestation ouverte à des photographes, vidéastes, plasticiens originaires des pays du pourtour baltique, la triennale « Ars Baltica ». C’est la participation de son directeur, Enrico Lunghi, à l’organisation de l’événement qui explique que le Forum d’Art contemporain accueille finalement l’exposition. mehr lesen / lire plus

BOULI LANNERS: Quand Ivan rencontre Elie

Dans son dernier film, Eldorado, le génial touche-à-tout belge Bouli Lanners, nous livre un road-movie parfois drôle, souvent bouleversant, toujours profond.

Un soir, en rentrant chez lui, Yvan découvre sa maison mise à sac et le cambrioleur caché sous son lit. Celui-ci, Elie, est un paumé qui ne recherchait que quelque menue monnaie, histoire de se payer le bus et de reprendre la fuite. Au lieu de le flanquer à la porte à coups de pied aux fesses ou d’appeler la police, Yvan se prend d’affection pour son cadet et décide de l’aider à renouer avec sa famille. Commence alors un voyage parsemé de rencontres, à bord d’une vieille Chevrolet Caprice. mehr lesen / lire plus

MABROUK EL MECHRI: JCVD? – CQFD!

Pour la première fois (ou presque), sur vos écrans, Jean-Claude Van Damme est? Jean-Claude Van Damme. Un film trop culte pour être honnête.

Monsieur Van Damme dans son élément.

Les temps sont durs pour l’Hercule belge. Sa femme le largue, sa fille a honte de lui et Steven Seagal vient de lui souffler ce rôle dans ce dernier lamentable navet bastonneux qui lui aurait toutefois permis de régler ses frais de divorce. Alors, avec cette mer d’emmerdes pour dernier terrain vague et avec infiniment de brumes à venir, il décide de partir se ressourcer dans le plat pays qui est le sien. mehr lesen / lire plus

KIM KI-DUK: Le salut par le désir

A travers « Soom » (Souffle), son nouveau film, le réalisateur sud-coréen Kim Ki-duk nous raconte l’histoire d’une femme qui tente d’échapper à l’étouffement de sa vie. Le résultat est une fresque d’une sensualité douloureuse, mais régénératrice.

Des univers de désirs qui se téléscopent,
la spécialité de
Kim Ki-duk.

Dans la plupart de ses films, Kim Ki-duk laisse ses personnages se taire. Celui-ci, au fond de sa cellule, a une bonne raison. Il s’est, par deux fois, perforé la gorge à coup de brosse à dents. A l’étroit dans son propre cachot, le foyer conjugal, Yeon voit se succéder les reportages autour de cette tentative de suicide ratée du condamné à mort Jang Jin et cède à une impulsion. mehr lesen / lire plus

DANY BOON: 60 millions de ch’tis

« Bienvenue chez les Ch’tis » un succès qui en dit peut-être moins long sur les goûts cinématographiques des Français que sur leurs peurs actuelles.

Difficile de s’intégrer, même dans son propre pays…

« Aus dem Substanziellen seiner Zeit kommt niemand heraus, sowenig wie aus seiner Haut » Pourquoi les ultras du Paris Saint-Germain n’ont-ils pas plus longuement médité ces mots de Theodor Litt ? Ils se seraient épargnés bien des déboires. Car non, l’on n’échappe à l’esprit du temps. Tant que ces SA de gradin se contentaient de vomir leur haine du Juif et de l’Arabe, de faire le salut nazi et de pousser des cris de singe lorsque des joueurs noirs touchaient le ballon, l’on pouvait transiger. mehr lesen / lire plus

RAY TOSTEVIN: Charlotte Sometimes

Trois ans après la sortie de « Heim ins Reich », la Seconde Guerre mondiale au Luxembourg est de nouveau abordée par un documentaire. « Léif Lëtzebuerger », du britannique Ray Tostevin, raconte l’action de la Grande-Duchesse Charlotte durant ses années d’exil.

En mission aux
États-Unis:
la Grande-Duchesse Charlotte.

« Et bien, j’y vais vous dire la vérité. C’est honteux vis-à-vis du peuple luxembourgeois qui sont tomber dans la guerre. Elle là charlotte, a déserter pour angleterre. Vous savez ce qu’on a fait avec les déserteurs. J’ai pas besoin de le dire, la même chose comme avec les zarevitsch. Aujourd’hui, ils sont le plus grand chômeur, sans rien faire et d’avoir tout vendu, une affaire comme le bommeleier. mehr lesen / lire plus

TODD HAYNES: Esprit es-tu là ?

Six acteurs différents jouent le rôle de Bob Dylan dans « I’m Not There », le film qui lui est consacré. Le postulat de Todd Haynes, qui en signe le scénario et la mise en scène : respecter l’esprit de l’artiste, non sa chronologie.

Un peu absente, mais c’était l’air du temps:
Cate Blanchett dans «I’m Not There».

Comment faire le portrait d’un artiste qui, tout au long de sa carrière, n’a eu de cesse de se soustraire aux jugements – souvent simplistes – de ses contemporains ? En retraçant sa fuite et en en acceptant les codes. C’est en tout cas la réponse qu’a trouvée Todd Haynes (Velvet Goldmine, Loin du paradis). mehr lesen / lire plus

JAMES GRAY: Morne Vertu

Pour son troisième film, le réalisateur américain James Gray est resté fidèle à son thème de prédilection : la lutte du Bien et du Mal à l’intérieur de la famille.

Mais « We own the night » n’est pas simplement cette leçon de morale made in USA que la lecture d’un synopsis laisse craindre. Après tout, le chemin de l’enfer n’est-il pas pavé de bonnes intentions ?

Fin des années 1980 : Bobby Green (Joaquin Phoenix) est une figure incontournable des nuits new-yorkaises. Gérant d’une boîte de nuit branchée, il est considéré comme un fils par son patron, Marat Nezhinsky (Moni Moshonov). Mais pour continuer son ascension dans ce monde, il cache son véritable nom. mehr lesen / lire plus

PAUL KIEFFER: Jhempi d’Arabie

Dans « Nuits d’Arabie », Paul Kieffer nous raconte l’histoire d’un contrôleur des CFL dont l’existence est chamboulée par une rencontre. Une histoire qui prend racine dans le quotidien luxembourgeois, mais qui tend vers l’ailleurs.

La raison pour laquelle un honnête employé CFL peut perdre la tête …

Georges Turmes est un brave type. Un contrôleur aux CFL, qui joue au foot le weekend et voit sa petite amie le soir. Un gars qui vit avec un père invalide et acariâtre, avec lequel il partage de ces soupers aux silences aussi épais et éloquents que la cancoillotte dont il badigeonne ses tartines. mehr lesen / lire plus

GUS VAN SANT: Mort à Portland

Quatre ans après « Elephant », Gus Van Sant renoue avec l’univers de l’adolescence. Son dernier film, « Paranoid Park », dépeint l’entrée violente d’un jeune garçon dans l’âge des responsabilités.

Une scène décrit à la perfection les insécurités de l’adolescence. Il y a ce moment où Alex, 16 ans, et son copain – beaucoup plus expérimenté que lui, puisqu’il a un an de plus – vont pour la première fois à Paranoid Park. Là où skatent les grands. Alex est intimidé, mais il ne veut ou ne peut pas faire demi-tour. Il reste donc assis sur sa planche en contemplant les figures que d’autres exécutent. mehr lesen / lire plus

ANDREW DOMINIK: Kill your idols

Dans « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford », Brad Pitt interprète un héros américain en fin de course. Un western sur la gloire et la déchéance dans lequel un jeune réalisateur se laisse toutefois emporter par sa propre virtuosité.

Un ange exterminateur a aussi besoin d’une pause de temps en temps …

Ce film est brouillon et brillant. Ou peut-être vaut-il mieux dire qu’il est brouillon, de se vouloir brillant. Pour commencer, il y a la longueur. A l’âge de la célérité, 2h39 c’est un défi lancé à la critique et au public. Il y a aussi ce titre impossible. mehr lesen / lire plus

CINEMA: He’s lost control

« Control » révèle le talent du réalisateur d’Anton Corbijn. Dans son premier film, qui doit plus à la comédie humaine qu’au show électrique, le photographe hollandais raconte la brève existence d’Ian Curtis, figure de proue du groupe Joy Division.

Une légende venue du froid: Ian Curtis a su toucher autant avec son oeuvre qu’avec la fin tragique de ses jours…

« Control » est l’histoire d’Ian Curtis, chanteur de Joy Division, mort dans la fleur de l’âge et à ce double titre estampillé « légende du rock ». Son metteur en scène aurait, lui-même, quelque droit à faire valoir à cette appellation. mehr lesen / lire plus

LIVRE POLITIQUE: Ce prince n’était pas le bon sujet

Dans „L’Aube, le Soir ou la Nuit“ la dramaturge Yasmina Reza retrace la campagne qui mena Nicolas Sarkozy à la présidence. Attendu comme l’évènement de la rentrée littéraire, le silence est retombé sur ce qui n’est que la chronique d’une rencontre ratée.

Bien avant sa sortie, ce livre était férocement critiqué. Il ne pouvait être que l’avatar littéraire de cette sarkomania qui s’étend à tous les domaines de la sphère publique française. Ecrit par une femme de surcroît, donc doublement suspect. Car comment s’imaginer que cette icône du parisianisme, que l’on dit aussi brillante que frivole, puisse résister à son charme, lui, l’homme politique sur la voie du triomphe ? mehr lesen / lire plus

TONY SCOTT: Big Brother was watching you

„Déjà vu“ n’est pas un film sur une subtilité psychologique mais encore une fois l’histoire du bon américain qui tue le méchant terroriste.

On aura tout vu, même la fin de ce navet à la sauce patriotique.

Des hommes de l’U.S.Navy en permission chahutent sur les quais, des écoliers se mettent en rang, excités à l’idée de partir en excursion. Les accès au ferry s’ouvrent. La scène se passe à la Nouvelle-Orléans, sur les bords mouvementés du Mississipi – Algiers Dock, les „docks d’Alger“. Nouvelle-Orléans, Alger, plus que des noms de lieu, des avertissements pour tout occidental plus ou moins au fait des turbulences de notre monde. mehr lesen / lire plus

JONATHAN LITTELL: La fleur du mal

Et à présent le Goncourt. Deux semaines après s’être vu attribuer le Grand prix du roman de l’Académie française, Jonathan Littell vient donc également d’empocher la plus prestigieuse des récompenses littéraires pour son premier roman „Les Bienveillantes“. Qualifié de „vénéneuse fleur du mal“ par le cinéaste Claude Lanzmann mais plus largement connu en tant que „pavé“, ce livre de près 900 pages, déjà vendu à plus de 250.000 exemplaires est incontestablement le phénomène de la rentrée littéraire française. Avec un brin de cynisme et beaucoup de mauvaise foi, l’on pourrait faire remarquer que ce succès n’a rien d’étonnant. Le sujet s’y prête, l’approche y invite. mehr lesen / lire plus