KEN LOACH: Les soldats d’infortune

Dans « Route Irish », le britannique Ken Loach dénonce les pratiques des mercenaires occidentaux en Irak. Un thriller engagé, au rythme poussif.

Contestation et tristesse sur la mort absurde d’un mari et ami…
Andrea Lowe et Mark Womack.

En 2007, Frankie est victime d’un attentat sur la Route Irish, la « route la plus dangereuse du monde », reliant l’aéroport de Bagdad à la Zone verte. Quelques années plus tôt, alors qu’il vivotait de jobs minables, son ami d’enfance, Fergus, comme lui ancien des forces spéciales britanniques, l’avait convaincu de l’accompagner en Irak. Une société militaire privée promettait un salaire net de 12.000 livres par mois à des hommes possédant leur « savoir-faire ». mehr lesen / lire plus

CEDRIC KLAPISCH: Une trame peut en cacher une autre

Dans « Ma part du gâteau », Cédric Klapisch raconte l’histoire du fossé de haine qui se creuse entre gagnants et perdants de la mondialisation.

Le trader : ogre ou victime du système qu’il contribue à entretenir ?

Après la fermeture de l’usine dans laquelle elle travaillait depuis près de vingt ans, France (Karin Viard) se retrouve brutalement sans revenus. Lasse d’attendre des indemnités que ses anciens patrons rechignent à reverser, cette quadragénaire divorcée, mère de trois enfants, décide de repartir à zéro. Quittant Dunkerque pour la région parisienne, elle est engagée comme femme de ménage par Steve (Gilles Lelouch), un trader français qui a fait carrière et fortune à la City. mehr lesen / lire plus

PETER WEIR: Goodbye Staline

« The Way Back » raconte comment une poignée de prisonniers, échappés d’un camp du Goulag, traversa à pied les milliers de kilomètres séparant la Sibérie des Indes. Si la véracité des faits sur lesquels il se base peut faire débat, le dernier film du réalisateur australien Peter Weir n’en est pas moins une formidable épopée, digne des grands récits d’explorateurs.

La liberté vaut bien une traversée du désert.

En 1940, un groupe d’hommes s’échappe d’un camp du Goulag à la faveur d’une tempête de neige. Le petit groupe est composé de deux officiers polonais capturés par les soviétiques au moment où leur pays était dépecé par l’Allemagne nazie et l’URSS, d’un prêtre letton, d’un criminel de droit commun russe, d’un ingénieur américain accusé d’espionnage ainsi que d’un comptable yougoslave qui avait commis l’erreur de prendre en photo le Kremlin. mehr lesen / lire plus

APICHATPONG WEERASETHAKUL: Métemhypnose

Récompensé par la Palme d’or au dernier festival de Cannes, « Uncle Boonmee Who Can Recall His Past Lives », du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, est un voyage hypnotique dans un univers où la mort n’est pas une fin mais un nouveau départ.

Dans l’univers bouddhiste de la Thaïlande, mourir n’est qu’une autre étape d’un cycle infini.

Atteint d’une grave maladie, l’oncle Boonmee s’est retiré sur ses terrres, dans une campagne quasiment vierge, cernée par la jungle. Entouré de ses ouvriers agricoles et de sa belle-soeur, il se prépare à la mort. Au soir de sa vie le spectre bienveillant de son épouse vient le chercher, suivi de son fils qui, disparu lui aussi bien des années auparavant, réapparaît sous la forme d’un grand singe noir aux yeux rouges. mehr lesen / lire plus

NEIL MARSHALL: La légion perdue

« Centurion », du britannique Neil Marshall, est un péplum âpre et rugueux, qui sait échapper aux poncifs du genre mais pas toujours à l’ennui.

Et oui,
les Pictes ça pique… même les femmes d’ailleurs savaient s’y prendre.

En 117, toute la (Grande-) Bretagne est soumise à Rome. Toute la (Grande-) Bretagne ? Non ! Car au nord de l’île, les Pictes résistent à l’envahisseur. Non pas en l’affrontant de face, mais en le harcelant dans une longue et coûteuse guérilla. Quintus Dias, jeune officier romain, se morfond ainsi depuis près de deux ans dans un fort reculé, lorsqu’une nuit sa garnison est attaquée par surprise et massacrée. mehr lesen / lire plus

MATHIEU AMALRIC: The Show Must Go On

Récompensé par le prix de la mise en scène au dernier festival de Cannes, « Tournée » de Mathieu Amalric, n’est toutefois pas sans longueurs.

Il semble que la tournée ait touché à sa fin…

Parti refaire sa vie aux Etats-Unis, c’est finalement en France que Joachim Zand, ancien producteur de télévision à succès, revient réaliser son rêve américain. Il ramène dans ses bagages une troupe de New Burlesque. Les dates s’enchaînent : au Havre, à Nantes, la Rochelle. Le spectacle y rencontre un franc succès, mais les filles ne rêvent que de Paris et Joachim sait que ses chances de les y emmener se réduisent comme peau de chagrin. mehr lesen / lire plus

JUAN JOSE CAMPANELLA: Pour nos yeux

Récompensé par l’oscar du meilleur film étranger, « El Secreto de sus ojos » est une co-production hispano-argentine, à la fois efficace et subtile, qui nous entraîne sur les traces d’un assassin dans le Buenos Aires des années 1970.

« El Secreto de sus ojos » est plus qu’un thriller – c’est l’histoire d’une obsession dont on ne peut se dérober.

Après une énième nuit d’insomnie, passée à tenter de coucher sur le papier une histoire qui le poursuit depuis plus de trente ans, Benjamin Esposito se décide enfin à contacter Irene. En 1974, ses études de droit à peine achevées, celle-ci était devenue substitut du procureur de Buenos Aires et Benjamin était son subordonné. mehr lesen / lire plus

MARC THOMA: La mémoire dans le pipeau

Film luxembourgeois basé sur des faits réels, « Emil » raconte l’histoire d’un jeune réfractaire qui, après une fusillade avec la gendarmerie allemande, se retrouve impitoyablement traqué. Une oeuvre qui fait revivre de façon efficace un chapitre de notre histoire.

Rien ne sert à déployer des véhicules d’antan, si le fonds de l’histoire n’existe pas.

Le chapitre principal traité par « Emil », ce sont les années 1950 – et non pas les années de guerre – , durant lesquelles s’imposa cette image du Luxembourg des années d’occupation, petit mais uni, luttant farouchement pour son indépendance, au nom de sa souveraine et de sa foi catholique. mehr lesen / lire plus

ROMAN POLANSKI: What’s done can’t be undone

A travers son dernier film, « The Ghost Writer », Roman Polanski aborde l’engagement du Royaume-Uni dans la « Guerre contre la terreur ». Un polar haletant, aux accents shakespeariens dans lequel les hommes ne sont que des pions sur l’échiquier de la raison d’Etat.

Va découvrir que sa vie ne vaut pas grand chose sur l’échiquier de la politique internationale :
Ewan McGregor, dans « The Ghost Writer ».

Un « nègre » est engagé par une grande maison d’édition pour donner un peu de relief au livre d’Andrew Lang, l’ancien Premier ministre britannique. Les mémoires d’hommes d’Etat fourmillent généralement de platitudes édifiantes – il s’agit après tout de leur ultime campagne. mehr lesen / lire plus

ASGHAR FARHADI: Un regard persan

Une mise en scène inspirée, une interprétation sublime. « About Elly » ne se contente pas de nous plonger dans la complexité de la société iranienne. Il s’agit d’une oeuvre cinématographique magistrale, qui a valu à Asghar Farhadi l’Ours d’argent du meilleur réalisateur lors de la Berlinale 2009.

A travers le film, la mer devient une métaphore qui régit la société – pas seulement celle de l’Iran.

Un groupe d’amis part passer le weekend sur les bords de la mer Caspienne. Soudés depuis leurs années d’études à la faculté de droit de Téhéran, ils comptent bien passer du bon temps ensemble et laisser les enfants se défouler. mehr lesen / lire plus

MARCO BELLOCCHIO: Chemises noires pour nuits blanches

Dans son nouveau film « Vincere », Marco Bellocchio raconte l’histoire méconnue de la femme cachée du dictateur Benito Mussolini. Une romance nerveuse d’un formalisme époustouflant.

Une passion commune pour les choses pas communes : Ida Dalser et Mussolini en prototypes du fascisme italien.

A la veille de la Première Guerre mondiale, Ida Dalser tombe sous le charme de Benito Mussolini. Subjuguée par le charisme et la fougue du jeune leader socialiste, elle n’hésite pas à vendre ses biens pour financer sa carrière politique. Ils se marient et de leur union naît Benito Albino, le premier fils du futur dictateur. Seulement ce dernier a déjà une femme dans sa vie, Rachele Guidi, son amie d’enfance, qui lui a donné une fille. mehr lesen / lire plus

JOËL AND ETHAN COEN: « Der mensch trakht un gott lakht »

« A serious man », le dernier film des frères Coen est probablement leur oeuvre la plus personnelle. A travers les mésaventures d’un professeur de physique quadragénaire, ils abordent l’identité de la communauté juive américaine dans cette comédie noire et philosophique.

Quand le monde entier se conspire contre vous, difficile de garder la tête claire : Michael Stuhlbarg dans
« A Serious Man ».

Larry Gopnik fait son possible pour être un homme responsable et digne de respect. En yiddisch: un « Mensch ». Mais comment tenir son cap lorsqu’il faut naviguer à vue à travers une tempête d’emmerdes et d’incertitudes ? Son frère dépressif, non content de squatter son fauteuil depuis des mois est peut-être un délinquant sexuel, ses enfants se désintéressent de lui et sa femme s’apprête à le quitter. mehr lesen / lire plus

NEILL BLOMKAMP: L’invasion des crevettes géantes

« District 9 », premier long-métrage du réalisateur sud-africain Neill Blomkamp, nous montre comment des extra-terrestres demandant asile sont reçus par une humanité méfiante. Un film de science-fiction atypique, rythmé, aux effets visuels époustouflants.

Apparemment, les voisins n’apprécient pas vraiment la présence des crevettes gênantes…

Il y a 27 ans de cela, un gigantesque vaisseau extra-terrestre s’immobilisa au-dessus de Johannesburg. Fuyant une catastrophe lointaine, ses occupants furent parqués dans une zone périphérique de la métropole sud-africaine nommée « District 9 ». Près de trois décennies plus tard, la situation de ce camp de réfugiés interplanétaires n’a fait qu’empirer. Surpeuplé, gangréné par la misère et la criminalité, cet immense bidonville est de plus la cible de raids lancés par des voisins humains que la présence de ces étrangers apeure. mehr lesen / lire plus

LAURENT TIRARD: Une France couleur sépia

Après avoir marqué des générations de jeunes – et moins jeunes – lecteurs, « Le Petit Nicolas » arrive au cinéma. Mais là où ses créateurs avaient su, avec simplicité, recréer le monde compliqué de l’enfance, le film se contente de nous resservir une vision compassée et régressive de la France des années 1960.

Le bon vieux temps, où la télé était encore dans les mains des papas et de l’ORTF…

Le petit Nicolas vit dans un petit pavillon de banlieue avec son papa gentil mais grognon (Kad Merad) et sa maman aimante mais un peu hystérique (Valérie Lemercier). A l’école, il a un pion hyper pointilleux, surnom-mé « Le Bouillon » (François-Xavier Demaison) et une superchouette maîtresse (Sandrine Kiberlain). mehr lesen / lire plus

MARK NEVELDINE: Brave New World

De prime abord, « Gamer » est déjà un spectacle de science-fiction à couper le souffle. Mais ce film écrit et réalisé par le tandem Neveldine/Taylor est aussi une critique acerbe et jouissive de notre société.

« Gamer » n’offre pas mal de perspectives.

« Dans un futur pas si lointain », le milliardaire Ken Castle devient l’homme le plus riche du monde grâce à « Slayers », un jeu vidéo bien plus que réaliste. En effet, les combattants qui s’y affrontent, jusqu’à la mort, sont des condamnés à la peine capitale auxquels l’on promet la libération, s’ils survivent à plus de trente parties. Aucun d’entre eux n’est toutefois parvenu à en dépasser dix, mis à part Kable, qui n’est plus qu’à trois combats de l’amnistie. mehr lesen / lire plus

CEDRIC KAHN: Je t’aime, moi non plus

« Les Regrets », avec Yvan Attal et Valeria Bruni-Tedeschi : Un mélodrame nerveux qui ose le pathétique sans tomber dans le ridicule.

Ni avec, ni sans les détours de l’amour et de l’attraction sont au centre du nouveau film de Cédric Kahn.

Mathieu Lievin (Yvan Attal), un architecte parisien, revient dans la petite ville où il a grandi pour assister sa mère mourante. Dans la rue, il tombe sur Maya (Valeria Bruni-Tedeschi), son amour de jeunesse. Bien que les deux ne se soient pas revus depuis une quinzaine d’années, bien qu’ils aient refait leur vie et soient tous deux mariés, ils vont reprendre leur relation là où ils l’avaient abandonnée : dans la passion et la douleur. mehr lesen / lire plus

JACQUES AUDIARD: Les Années d’apprentissage

Dans « un prophète » le réalisateur français Jacques Audiard raconte l’ascension de Malik, un jeune délinquant. Une histoire épique sur fonds d’univers carcéral qui donne le film le plus magistral de la rentrée.

En prison, on n’apprend pas que le nettoyage…

Malik El Djebena a 19 ans, une gueule de gamin, il est maghrébin, analphabète, sans parents et sans le sou. Autant dire qu’il est plutôt mal armé lorsqu’il entre en prison pour y purger une peine de six ans. A l’autre bout de la chaîne alimentaire, le parrain corse César Luciani souhaite éliminer un rival arabe. Il lui faut pour cela quelqu’un qui pourrait approcher ce dernier sans éveiller son attention. mehr lesen / lire plus

MICHAEL MANN: Casseur de banques

Dans « Public enemies », le réalisateur américain Michael Mann nous raconte l’épopée de John Dillinger, l’« ennemi public n°1 » dans l’Amérique des années 1930. Un film de gangsters sombre, ambitieux et à la beauté formelle époustouflante, servi par une distribution impeccable.

Dommage qu’il n’y ait pas de Dillinger à notre époque…

Dans l’Amérique de la Grande Dépression, le braqueur de banques John Dillinger devient une véritable star. Narquois, téméraire et charmeur, il se bâtit une image de Robin des Bois en s’attaquant à des institutions largement discréditées par le rôle qu’elles ont joué dans le déclenchement de la crise. J. Edgar Hoover perçoit cette popularité comme une insulte directe à l’égard de sa personne et de l’administration qu’il est en train de construire : le FBI. mehr lesen / lire plus

WOODY ALLEN: Cheveux blancs, humour noir

Avec son dernier film « Whatever Works », Woody Allen revient à sa chère ville de New York. Une oeuvre charmante, sans plus, mais un formidable numéro de Larry David, l’interprète principal.

Mais où sont donc passés les chefs-d’oeuvre du passé new-yorkais ?

Boris Yelnikoff est un sexagénaire excentrique, bougeon et misanthrope. Depuis sa tentative de suicide ratée, ce génie autoproclamé – à ses dires il aurait failli obtenir un prix Nobel de physique – partage ses journées entre les cours d’échecs qu’il prodigue à de jeunes sous-doués et les terrasses de son quartier, où il déverse quotidiennement le flot sarcastique de ses idées noires. mehr lesen / lire plus

RIAD SATTOUF: Les années biactol

« Les beaux gosses » est le premier film de Riad Sattouf. Le dessinateur de bandes dessinées y raconte avec un humour corrosif les déboires de deux adolescents complexés. Une chronique de l’âge ingrat sensible et pleine de justesse.

Espérons qu’il n’est pas en train de rêver là.

Les beaux gosses, ce sont Hervé (Vincent Lacoste), avec ses pulls sans forme et ses joues de hamster et son pote Camel (Anthony Sonigo), qui arbore fièrement une coupe de cheveux qui n’aurait pas déplu au Rudi Völler du mondial 1990. Les deux collégiens se prennent rateau après rateau auprès des filles, jusqu’au jour où Hervé se rend compte qu’il aurait ses chances avec la jolie Aurore (Alice Trémolières). mehr lesen / lire plus