Serge Basso de March : Les concombres n’ont jamais lu Nietzsche

Après le polar, la pure poésie ou le théâtre, Serge Basso, directeur de la Kulturfabrik et littérateur éclectique, s’essaie donc à l’aphorisme, cet exercice de style un peu négligé dans le grand océan de la poésie contemporaine. Un genre fait pour lui, puisque l’impétrant n’a pas la langue dans sa poche et n’est jamais las de s’en servir. L’opuscule, publié en Belgique aux éditions du Cactus inébranlable, propose donc jeux de mots et réflexions à tire-larigot, dans de courtes phrases indépendantes dont tout gras a été élagué afin de mieux faire briller le trait d’esprit. En rapprochant les sens, en déconstruisant les clichés, en jouant d’homophonies approximatives et en triturant l’orthographe, Basso s’amuse et amuse son lecteur. mehr lesen / lire plus

Théâtre
 : Pour une poignée de chips

Le TOL conclut sa saison avec « L’Ouest solitaire », une comédie grinçante. Au menu, petites rancœurs, grandes dissimulations et l’atmosphère délétère d’une région négligée, le tout saupoudré d’une bonne dose de confrontations acerbes… et d’humour très très noir.

Pour l’amour fraternel, on repassera ! Jean-Marc Barthélemy et Joël Delsaut dans « L’Ouest solitaire » (Photo : Ricardo Vaz Palma)

De son enfance dans le comté de Galway, dans l’ouest de l’Irlande, Martin McDonagh a tiré l’inspiration nécessaire à la plupart de ses pièces. « L’Ouest solitaire », c’est celui du chômage, de l’avenir bouché, du célibat forcé et de l’alcoolisme qui en est le pendant. mehr lesen / lire plus

Cédric Klapisch : L’exception culturelle


Ah ! les films de vignoble… Une spécialité bien française, souvent plutôt déclinée en téléfilms où seule la diversité des terroirs tient lieu d’originalité. Malgré un début un peu poussif, « Ce qui nous lie » parvient à sortir du lot, sans pourtant fortement enthousiasmer.

Après les funérailles du père, la fratrie renforce ses liens grâce à l’exploitation familiale.

Après sa trilogie consacrée à l’insouciante jeunesse étudiante qui a bien du mal à trouver une certaine stabilité dans la vie (« L’auberge espagnole » et ses deux suites), Cédric Klapisch s’attaque à un thème qu’on pourrait qualifier de patrimonial. Car attention, il est ici question de vignoble, un sujet particulièrement sérieux dans l’Hexagone, et le réalisateur a poussé l’authenticité jusqu’à tourner sur une période d’un an afin de rendre au mieux la marche des saisons à l’écran. mehr lesen / lire plus

Joachim Rønning et Espen Sandberg : Pirates of the Caribbean: Dead Men Tell No Tales

Il faut croire qu’un Johnny Depp sérieusement imbibé de rhum et qui cabotine tout le long du film – combiné avec quelques invités surprises – sur fond d’effets spéciaux incessants suffit à assurer le succès d’un épisode de la franchise. Tant mieux pour les fans, et tant pis pour ceux qui cherchent un renouvellement, malgré l’arrivée d’une sympathique héroïne féministe.

L’évaluation du woxx : O
Tous les horaires sur le site.

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Sculpture
 : Mystérieux modèles réduits


Nicolae Fleissig réalise le plus souvent des sculptures monumentales. Ce qui ne veut pas dire que les œuvres – minuscules en comparaison – exposées en ce moment à la galerie Simoncini sont d’un moindre intérêt.

« Boîte à surprises », en marbre. (Photos : woxx)

Né en Roumanie en 1948, Nicolae Fleissig est installé en France depuis 1982. C’est un familier de la galerie Simoncini, puisqu’il y a déjà proposé une douzaine d’expositions individuelles. Le sculpteur a une préférence marquée pour les matériaux durs, et on retrouve donc logiquement dans ce nouvel ensemble des pièces taillées dans le granit, le marbre, le grès ou l’andésite (une roche volcanique). mehr lesen / lire plus

Opéra
 : Redécouvrez Vivaldi


Si certains opéras d’Antonio Vivaldi rencontrent de temps en temps les faveurs de la programmation lyrique, « Arsilda, regina di Ponto », proposé au Grand Théâtre, n’est pas souvent monté. Une aubaine, d’autant que, pour une fois, la salle n’est pas complète des semaines à l’avance.

Baroque de bout en bout ? (Photos : © Petra Hajská)

Rien n’aura fait aussi mal à la réputation du compositeur Antonio Vivaldi que la musique d’attente téléphonique. Le « Prêtre roux » vénitien a pourtant à son actif un impressionnant catalogue d’œuvres, qui va bien au-delà des rabâchées « Quatre saisons ». Des opéras, d’ailleurs, on ne sait pas trop combien : le chiffre de 46 a longtemps circulé, et puis les dernières recherches musicologiques pencheraient plutôt pour 90, en comptant les pastiches et remaniements très prisés à l’époque baroque. mehr lesen / lire plus

Pierre Joris : Canto diurno

Bonne idée que cette anthologie personnelle de Pierre Joris en langue française. Jean Portante, par ailleurs codirecteur de la collection « Les passeurs d’Inuits » dans laquelle le livre paraît au Castor Astral, a assuré la coordination des traductions – avec la participation de l’auteur qui, rappelons-le, écrit exclusivement en anglais. Ce livre permet donc à un public francophone de découvrir un nouveau pan de l’œuvre de Joris choisi par le poète lui-même. Un aperçu intelligent, car il mêle les textes très modernes à la structure complexe, de lecture ardue pour un béotien (« Le livre de Luap Nalec », jeu de lettres sur l’auteur fétiche de Joris, Paul Celan) à des poèmes plus lyriques (émouvant « Matrosen Lied » : « Si j’étais un homme / qui tombe encore amoureux des marins / je tomberais sûrement amoureux de lui.  mehr lesen / lire plus

Raoul Peck
 : Engagement total


Explorant en images les mots forts et profonds de James Baldwin, le documentaire « I Am Not Your Negro », déjà diffusé sur Arte il y a quelques semaines, est un exemple réussi de cinéma engagé qui ne néglige pas la forme pour le fond.

James Baldwin (au milieu) apporte la puissance de ses écrits à « I Am Not Your Negro ». (Photo : © Dan Budnick)

Le documentaire à charge et la qualité cinématographique peuvent-ils faire bon ménage ? Lorsque Quentin Tarantino, en remettant la Palme d’or à Michael Moore en 2004 pour « Fahrenheit 9/11 », avait affirmé sans sourciller que le jury avait récompensé les qualités formelles du film et pas particulièrement son message, on avait pu en douter. mehr lesen / lire plus

Théâtre : Ça casse, mais ça passe


Le théâtre social s’invite au Centaure avec « Cassé », une pièce qui présente sur le mode comique toute une galerie de personnages que le monde du travail a cabossés, sans aucun misérabilisme.

Un jour, peut-être, la souffrance au travail ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Eugénie Anselin et Caty Baccega dans « Cassé ». (Photos : Bohumil Kostohryz)

Dix-huit ans de Prodex… et puis la porte. Christine ne s’en remet pas, et plonge peu à peu dans les anxiolytiques, aidée par son médecin qui, surmené, ne va pas bien lui non plus et s’accroche à sa patiente. Le mari, Frédéric, informaticien, est doucement mis au placard dans son entreprise, mais trouve un côté positif à sa déchéance professionnelle qui le conduit à sortir les poubelles. mehr lesen / lire plus

Sculpture
 : L’étonnante diversité 
des formes


La rétrospective Tony Cragg au Mudam permet une plongée captivante dans l’univers d’un sculpteur à la productivité notable et à l’art polymorphe.

« Industrial Nature », 2015.

« Nous vivons à une époque où la croyance en la science et la rationalité est omnipotente et déterminante. Pourtant, notre vraie vie est en grande partie guidée par les émotions et les décisions émotionnelles. Montrer cela constitue une tâche importante pour chaque artiste, y compris pour moi dans mon travail. » En effet, s’il y a bien une caractéristique commune à la cinquantaine d’œuvres exposées par Tony Cragg au Mudam, c’est l’absence d’intellectualisation ostentatoire ou de message claironné. mehr lesen / lire plus

Daniel Espinosa : Voir Mars et mourir

Pâle série B qui surfe sur la vague des films situés dans l’espace, « Life » exploite jusqu’à l’usure toutes les ficelles connues du genre sans jamais le renouveler.

Pas de tout repos, l’exploration spatiale…

Toujours au service de ses lectrices et lecteurs, le woxx a de la suite dans les idées : après avoir largement couvert dans nos précédents numéros les efforts du grand-duché pour se positionner dans la course à l’espace, nous ne pouvions rater la sortie de « Life », dernier film en date qui transporte le spectateur en dehors de l’atmosphère terrestre. Pas certain d’ailleurs qu’après la séance, on aura encore envie de s’enthousiasmer sur la conquête spatiale luxembourgeoise…

De retour de Mars, les astronautes de la Station spatiale internationale parviennent à ramener à la vie une cellule dormante trouvée sur la planète rouge. mehr lesen / lire plus

Paul Grimault : Le roi et l’oiseau

Pour les quarante ans de la mort de Jacques Prévert, la Cinémathèque a la bonne idée de montrer à nouveau ce film magnifique de poésie visuelle, aux dialogues ciselés et à l’atmosphère politique tellement actuelle. Un petit bijou loin des productions formatées que petits et grands apprécieront grâce à ses multiples niveaux de lecture.

L’évaluation du woxx : XXX
À la cinémathèque ce dimanche 30 avril.

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Opéra
 : Donizetti au temps des machines

À quelques encablures du grand-duché, le Théâtre national de la Sarre propose une véritable saison d’opéra. Petit détour par Sarrebruck donc, où la production locale de « L’elisir d’amore » a de quoi réjouir les passionnés d’art lyrique.

C’est aussi une soprano allemande, Sabine Heinefetter, qui tenait le rôle d’Adina lors de la première de « L’elisir d’amore » en 1832. (Photo : Wikimédia)

Pour l’amateur d’opéra luxembourgeois, il est parfois frustrant de planifier ses sorties. En effet, la plupart des productions n’offrent que deux ou trois dates, au mieux. Mais rien n’empêche d’aller faire son marché à l’étranger. Le Théâtre national de la Sarre, avec un chœur et une troupe de solistes à demeure, peut ainsi proposer pour chacune des œuvres qu’il monte un certain nombre de représentations sur plusieurs mois. mehr lesen / lire plus

Martin Provost : Sage femme

Annoncé comme le choc entre les deux Catherine (Deneuve et Frot), le film séduit là où on ne l’attend pas. L’émotion pointe moins entre les deux actrices que lors de la description du délitement du service hospitalier, ou pendant le jeu de séduction entre Catherine Frot et un Olivier Gourmet très en forme.

L’évaluation du woxx : XX
Tous les horaires sur le site.

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Théâtre
 : On ne les arrête pas !


De vrais « Moulins à paroles », ces trois femmes qui se dévoilent sur la scène du TOL dans des textes forts d’Alan Bennett. Et pour le spectateur, ces tranches de vie douces-amères resteront bien longtemps en mémoire.

Trois histoires fortes : Catherine Marques, l’employée modèle…

Ce sont au départ deux séries de monologues, sous le nom de « Talking Heads », que le dramaturge britannique Alan Bennett a écrites pour la BBC en 1988 et 1998. Avec un succès tel que le West End s’en est rapidement emparé sur les planches… et que les textes sont désormais au programme du baccalauréat d’outre-Manche. mehr lesen / lire plus