Aaron Sorkin : Rien ne va plus

Souvent enraciné dans les codes de la biographie filmée, parfois les dépassant, « Molly’s game » reste constamment sur la corde raide et laisse une impression mitigée mais positive… à l’image de son héroïne.

Plus qu’un simple « Jessica Chastain movie », « Molly’s Game » repose avant tout sur l’alchimie entre l’actrice et Idris Elba. (Photos : allocine.fr/SND)

L’adaptation au cinéma de la vie d’une personnalité, c’est la garantie de flash-back rythmés et d’une prestation oscarisable pour celle ou celui qui joue le personnage principal. La routine, quoi. Et Aaron Sorkin, scénariste et dramaturge dont « Molly’s Game » est le premier long métrage, n’échappe évidemment pas à ces règles qui semblent désormais bien établies. mehr lesen / lire plus

Les Cahiers luxembourgeois : numéro 3, année 2017

Cette nouvelle mouture des Cahiers luxembourgeois, qui ont repris leur parution en novembre 2016 après une pause de sept ans sous l’égide d’un nouveau trio (Ian De Toffoli, Marc Limpach et Elise Schmit), n’avait pas encore fait l’objet d’une brève culturelle dans le woxx. C’est surtout le manque de place qui est à blâmer, puisqu’on ne peut qu’approuver la création d’une « plateforme libre permettant l’expérimentation littéraire » au grand-duché, donnant « une possibilité pour le lecteur de découvrir la production littéraire actuelle du Luxembourg ». Omission désormais réparée avec notre version en ligne, et l’occasion de vérifier si les objectifs sont tenus… et tenables sur la longueur. mehr lesen / lire plus

Nathalie Ronvaux : Subridere. Un aller simple

Cet aller simple nous emmène vers Paris, destination que choisit impulsivement Claire, une avocate au succès professionnel quasi fulgurant. Une ascension qui lui attire non seulement des inimitiés, mais qui résulte aussi en une pression accumulée : la jeune femme déclenche la soupape de sécurité et quitte tout au milieu d’une réunion, sans aucune explication, pour prendre un billet pour Paris. Pourquoi la Ville Lumière ? Attirance d’un papillon aux ailes resplendissantes mais fragiles, peut-être. Mais on n’en saura pas vraiment plus. En effet, les quelque 150 pages que compte ce récit sont consacrées à l’introspection de l’héroïne, à la description par brefs retours en arrière de son atmosphère de travail, à l’exploration de son for intérieur pendant un trajet d’environ deux heures. mehr lesen / lire plus

Julie Vinandy-Schmit : Perdue dans la vallée

Résolument ancré dans la vallée de la Pétrusse, ce conte moderne nous entraîne sur les pas de Sophie, collectionneuse des histoires des autres près du ruisseau (qui sait se faire rivière pour peu que les orages le soutiennent, métaphore sûrement voulue)… et un peu paumée, il faut bien le dire. La jeune fille de 19 ans s’interroge sur son avenir, sur les raisons profondes d’un mal de vivre déjà bien implanté, sur l’incommunicabilité : sur la vie en somme. « Perdue dans la vallée » est donc un récit initiatique qui s’étend sur quelques semaines, où se mélangent les rencontres réelles et oniriques de la protagoniste et des réflexions sur sa vie passée et future. mehr lesen / lire plus

Kenneth Branagh : Murder on the Orient Express

Aïe, Kenneth Branagh se met au grandiloquent avec un casting de stars… qui font tout pour montrer qu’aucune ne tire la couverture à elle ! Peu novateur et n’apportant au fond pas grand-chose à une histoire déjà connue, le film est pourtant une petite douceur sucrée d’hiver qu’on peut aimer goûter, sans trop réfléchir, avec un soupçon de culpabilité.

L’évaluation du woxx : X
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Photographie
 : Nature branding


L’exposition itinérante « Nature’s Luxembourg », constituée de photographies de Raymond Clement, pose ses valises une nouvelle fois au grand-duché, dans la galerie Am Tunnel. Nation branding artistique assumé, mais heureusement un peu plus.

(Photo : Raymond Clement)

C’est un lieu idéal pour cette exposition : dans les vastes couloirs de la galerie Am Tunnel, les clichés de larges dimensions de Raymond Clement, souvent des paysages sous forme de panoramas, semblent s’étirer paresseusement, parfaitement à l’aise. Ici, c’est évidemment le vert qui domine. La couleur qui convient aux trois parcs naturels du Luxembourg, lieux de prédilection du photographe et qui représentent un bon tiers de la surface du pays. mehr lesen / lire plus

Chœur de chambre de Luxembourg
 : Pléthore musicale


Avec l’exécution de « Carmina Burana » à la Philharmonie ce samedi, le Chœur de chambre de Luxembourg fait une incursion remarquée dans la musique profane. Une œuvre à découvrir ou à redécouvrir.

Le Chœur de chambre de Luxembourg à la Philharmonie en avril 2017. (Photo : CCL)

On avait pris l’habitude de l’entendre dans le répertoire sacré, où il faut bien dire qu’il excelle, comme en témoigne le concert qu’il a donné en avril de cette année à la Philharmonie avec le « Requiem » de Mozart. Mais le Chœur de chambre de Luxembourg, sous la direction artistique d’Antoniu Grosu, a décidé de frapper un grand coup en s’autorisant un écart profane, et c’est sur rien moins que la cantate « Carmina Burana » de Carl Orff que s’est jeté son dévolu. mehr lesen / lire plus

Iglika Marinova et Marco Kraus : Variations Goldberg

C’est un CD surprenant à plusieurs égards qu’Iglika Marinova et Marco Kraus ont récemment fait paraître. D’abord parce qu’il permet d’entendre une version rarement jouée ou enregistrée des « Variations Goldberg » de Jean Sébastien Bach, arrangée pour deux pianos par Josef Rheinberger puis révisée par Max Reger. Cette partition de Rheinberger-Reger est une sorte d’interprétation romantique du chef-d’œuvre de Bach, où s’invite, sur les harmonies baroques, un contrepoint plus moderne qui respecte pourtant l’esprit de l’original.

Dès l’aria du début, on est rapidement à la fois en terrain connu et inconnu, puisque la célèbre mélodie résonne aux oreilles du mélomane sans les ornements qui restent dans toutes les têtes, et se partage entre deux pianos qui ne cesseront de se répondre tout au long des quelque 80 minutes que dure l’enregistrement – excellente raison pour écouter le disque dans des conditions qui rendent au mieux la stéréophonie. mehr lesen / lire plus

Jean Back : Iesel

Les nouvelles écrites par Jean Back flirtent souvent avec une réalité un peu onirique. La société y est bousculée à l’aide de piques qui ne constituent pas des attaques frontales, mais de petites brèches dans le mur bien solide de la normalité libérale. De l’ex-directeur du CNA, on avait donc aimé « Zalto mortale », son dernier livre en date, pour son humour pince-sans-rire et la cocasserie pourtant sérieuse de ses situations. « Iesel », paru chez Guy Binsfeld, reste dans la même veine. Le banquier Till a tous les symptômes de la réussite, Porsche comprise, et une famille adorable qui vit dans un magnifique moulin restauré. mehr lesen / lire plus

Max Ophüls : La ronde

Un film choral où les histoires d’amour s’enchaînent comme dans une valse viennoise endiablée, un noir et blanc soigné, une réalisation virevoltante et des actrices et acteurs tout en séduction : le film de Max Ophüls est une merveille du cinéma français de l’immédiat après-guerre que chaque cinéphile se doit d’avoir vue.

L’évaluation du woxx : XXX
À la Cinémathèque. mehr lesen / lire plus

Opéra contemporain
 : Lumière irradiante

Compositeur et metteur en scène de renom, librettiste lauréate d’un prix Nobel : l’opéra « Kein Licht » fait franchir à l’ensemble luxembourgeois Lucilin un nouveau pas dans la reconnaissance internationale. Regard en coulisses avant les représentations de la semaine prochaine au Grand Théâtre.

Un opéra rayonnant dans tous les sens du terme… (Photos : © Caroline Seidel/Ruhrtriennale 2017)

Tout commence par un bourdonnement grave, quasi menaçant. Toute-puissante, la technique assoit sa suprématie en diffusant les premiers sons de « Kein Licht » : c’est un ordinateur qui se charge de l’introduction, avant qu’un chien ne vienne hurler à la mort, accompagné par une trompette en sourdine. mehr lesen / lire plus

Janus Metz
 : Jeu, set et film


Venu des frimas de Scandinavie, « Borg vs. McEnroe » fait revivre dans les salles obscures un match historique qui a opposé les deux tennismen. Mais un sujet historique n’est pas la garantie d’un film réussi.

Et tout finit par une poignée de main…

Nous sommes en 1980, à la veille du début du tournoi de Wimbledon. Si le Suédois Björn Borg triomphe en finale, ce sera son cinquième trophée consécutif sur le gazon anglais, un enchaînement jamais accompli. Mais devant lui se dresse l’Américain John McEnroe, « bad boy » et surdoué du tennis, qui compte bien ne pas rester éternel second en se payant le scalp de l’empereur du tennis mondial. mehr lesen / lire plus

Théâtre : L’heure des choix

C’est avec « Skylight » que le TOL ouvre sa saison. Une pièce sur les bifurcations que chacun est amené à suivre dans la vie, avec un magnifique rôle de femme.

(Photos : Patricia Peribáñez)

Tout allait bien pour eux, avant. Kyra et Tom travaillaient ensemble, gagnaient beaucoup d’argent dans la restauration et s’aimaient passionnément. Seulement voilà : Tom était marié à Alice, également l’amie de Kyra. Lorsque Alice découvre le pot aux roses, Kyra coupe les ponts brusquement. Elle tourne le dos à une vie bien réglée aux revenus abondants pour partir enseigner à des enfants défavorisés. Et puis quinze ans plus tard, le fils de Tom et Alice vient visiter Kyra. mehr lesen / lire plus

Yórgos Lánthimos : Qui va à la chasse…

Avec « The Killing of a Sacred Deer », Yórgos Lánthimos flirte comme dans « The Lobster » avec un surnaturel qui s’immisce dans la banalité des rapports humains. Malheureusement, le réalisateur grec tire un peu trop sur une corde désormais usée et manque la marche vers de nouveaux horizons.

Une relation d’abord ambiguë qui tourne rapidement à l’affrontement. (Photo : Atsushi Nishijima)

Lors de sa présentation cannoise, le nouveau film de Yórgos Lánthimos avait divisé la critique : d’un côté, des dithyrambes sur sa beauté formelle et l’univers visuel immédiatement reconnaissable d’un cinéaste doué ; de l’autre, des railleries sur le formatage pour les festivals d’un long métrage dont l’auteur peine à se renouveler. mehr lesen / lire plus

Théâtre
 : Continent noir et Père blanc


Le Centaure ouvre sa saison avec « Mission » de David Van Reybrouck. Une plongée subtile et progressive dans les affres douloureuses d’un pays qui n’en finit pas de souffrir, menée de main de maître par le comédien Francesco Mormino.

Formidable performance pendant 90 minutes de Francesco Mormino dans ce monologue de David Van Reybrouck. (Photo : Bohumil Kostohryz)

Ça commence comme un monologue de théâtre classique. Le père Grégoire, valise à la main, raconte la difficulté des retours au pays, la Belgique, lorsqu’on est installé comme missionnaire en Afrique. Puis il enchaîne sur son histoire, celle qui lui a fait lâcher une petite amie (c’était pourtant « du sérieux ») pour le séminaire des Pères blancs, ces religieux qui se consacrent à l’évangélisation de l’Afrique. mehr lesen / lire plus

Hubert Charuel : Petit paysan

Certains ont décrété le film hitchcockien, cadavre de vache à dissimuler aux autorités fouineuses oblige. Mais Hubert Charuel (qui a été agriculteur) ne cherche pas la beauté glaçante du meurtre parfait ; il évoque avec réalisme et sans apitoiement les tourments d’un petit paysan d’aujourd’hui. Un bol d’air campagnard qui change des superhéros.

L’évaluation du woxx : XX
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Albert Dupontel
 : Les virtuoses


Avec un souffle qui mêle habilement la grande et la petite histoire dans un tourbillon de couleurs et d’émotions, les Années folles vues par Albert Dupontel dans « Au revoir là-haut » sont un véritable plaisir visuel, malgré une narration un peu trop sage.

Un jeu de masques visuellement étourdissant : Péricourt (Nahuel Pérez Biscayart) prépare sa métamorphose.

Tout commence à la fin de la Grande Guerre. Alors que l’armistice est en vue, les soldats Maillard (Albert Dupontel) et Péricourt (Nahuel Pérez Biscayart) sont envoyés avec leurs camarades à l’assaut d’une tranchée allemande, en dépit du bon sens qui dicterait d’attendre sans broncher la résolution du conflit. mehr lesen / lire plus

Opéra
 : Séduction sur un plateau


Comme chaque saison, l’Orchestre philharmonique du Luxembourg et son chef Gustavo Gimeno proposent au Grand Théâtre un opéra en coproduction. Cette année, place à « Don Giovanni » de Mozart, tout droit venu du renommé festival 
d’Aix-en-Provence.

L’OPL et Gustavo Gimeno travaillent d’arrache-pied pour « Don Giovanni » avant de se transporter au Grand Théâtre. (Photo : Alain Bianco)

Si la célébrité de l’opéra « Don Giovanni » n’a pas décliné depuis sa création à Prague en 1787, c’est que la fascination exercée par le personnage principal est intemporelle. Coureur de jupons invétéré, blasphémateur qui finira en enfer, Don Juan est en effet un rôle idéal, dont le caractère impétueux ne manque pas de générer des situations propices à la théâtralité. mehr lesen / lire plus

Exposition et performances
 : Petit traité de domopoétique


La performeuse Nicole Peyrafitte et le poète Pierre Joris investissent la semaine prochaine la galerie Simoncini, le temps d’une exposition où foisonneront les disciplines artistiques. Coup d’œil en forme d’amuse-bouche sur ce qui attend les visiteurs.

À l’occasion de l’exposition, la galerie Simoncini édite « The Book of U / Le livre des cormorans » de Pierre Joris, traduit et illustré par Nicole Peyrafitte. (Peintures : Nicole Peyrafitte)

« Domopoetic Works », c’est le titre de l’exposition de Nicole Peyrafitte et Pierre Joris qui s’ouvrira le 20 octobre prochain avec une session d’« action painting ». Mais qu’est-ce donc que la domopoétique ? mehr lesen / lire plus

OPL et Gustavo Gimeno : Ravel

Après Bruckner et Chostakovitch en juin, c’est donc Ravel qui est maintenant mis à l’honneur par l’Orchestre philharmonique du Luxembourg sous la baguette de Gustavo Gimeno. S’il a fallu attendre ce CD quelques mois, c’est probablement que sa postproduction a été plus longue, puisqu’on y retrouve également le WDR Rundfunkchor de Cologne. Le résultat valait la peine de patienter, car les équilibres entre pupitres sont bien maîtrisés et l’enregistrement d’excellente qualité. Du côté de l’interprétation, on sent que Gustavo Gimeno a pris ses marques depuis bien longtemps et sait transcender ses musiciens pour atteindre une cohérence sonore indispensable dans la musique de Ravel. mehr lesen / lire plus