Les Cahiers luxembourgeois : numéro 1, année 2018

Notre article précédent sur les Cahiers luxembourgeois posait la question du renouvellement de ceux-ci dans leur nouvelle mouture, avec notamment la recherche de talents émergents. Côté littéraire, la mission est remplie avec cette livraison, puisqu’elle propose une nouvelle de Samuel Hamen, tout récent arrivant sur la scène littéraire (on connaissait déjà ses textes critiques) avec le roman « V wéi vreckt, W wéi Vitess ». Hamen nous embarque dans une enfance rêvée avec « Elo », où l’imaginaire se conjugue avec, probablement, de véritables souvenirs pour quelques pages où l’on est pris d’une nostalgie pas désagréable.

Deux poèmes inédits de Jean Krier et quelques poèmes d’Olivier Vandivinit assurent le quota de vers du numéro. mehr lesen / lire plus

Théâtre
 : Sous le signe du plaisir

Peut-être moins connue, mais tout de même de Shakespeare. « Mesure pour mesure », au Centaure, est une pièce patchwork qui oscille entre comédie et drame, mais où la patte du génie britannique rencontre l’énergie d’une production fougueuse. Attention aux étincelles !

Valéry Plancke et Jules Werner dans « Mesure pour mesure » : sous des dehors stoïques, la passion sommeille. (Photos : Bohumil Kostohryz)

Dans une Vienne où les mœurs se sont inexorablement dissolues, le duc prétexte un voyage pour confier les rênes du pouvoir à Angelo, son second. Celui-ci ne tarde pas à remettre en vigueur plusieurs lois oubliées : il ordonne la fermeture des bordels et, pour l’exemple, condamne à mort Claudio, dont le seul crime est d’avoir fait un enfant à sa fiancée hors des liens du mariage. mehr lesen / lire plus

Vidéo : Marx didactique

Avec « Déformation », Bruno Baltzer et Leonora Bisagno célèbrent la renaissance de l’intérêt pour la pensée marxiste à travers les initiatives citoyennes qui remettent en question l’essence du capitalisme. Très pédagogique, mais pas forcément efficace.

Pendant l’heure de « Déformation », un deuxième écran montre en direct la Simeonstiftplatz de Trèves, ville natale de Karl Marx. (Photo : Bruno Baltzer et Leonora Bisagno)

Lorsqu’on pénètre dans la BlackBox du Casino, deux écrans se disputent l’œil. Sur l’un, la fascination d’une caméra en direct de la Simeonstiftplatz de Trèves, où piétons et bus défilent. Trèves ? C’est la ville natale de Karl Marx, bien sûr, et c’est donc à lui qu’est consacré le second écran. mehr lesen / lire plus

Kore-eda Hirokazu : Sandome no satsujin

Les enquêtes d’avocats filmées ne sont pas l’apanage du cinéma américain. Ici, le Japonais Kore-eda Hirokazu, plus que la recherche d’une vérité qui se dérobe sans cesse, met en scène les interrogations humaines sur le droit à la vie et à la mort. Une atmosphère troublante à la lenteur contemplative.

L’évaluation du woxx : XX
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Steven Spielberg : Ready Player One

Malin, Spielberg vante les vertus du monde réel dans une société où le virtuel ludique est devenu la norme. Une société qu’il a déjà profondément façonnée… Dommage que les longues séquences virtuelles justement montrent beaucoup de virtuosité souvent au détriment de l’émotion.

L’évaluation du woxx : X
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Théâtre : Contre la stigmatisation

« Vincent River », la nouvelle création du TOL, est par ses qualités littéraires plus qu’un simple message de tolérance. Avec, en prime, une comédienne et un comédien qui ne ménagent pas leurs efforts dans une production haletante.

Le jeu de masques entre Anita (Catherine Marques) et Davey (Massimo Riggi) passe aussi par des phases d’apaisement. (Photo : Ricardo Vaz Palma)

Survivre au meurtre de son fils Vincent River dans un lieu de rencontres homosexuelles, c’est ce que tente de faire Anita, 53 ans, en emménageant dans un nouvel appartement. Et puis un beau jour, elle y fait entrer Davey, jeune homme de 16 ans qui la suit depuis l’enterrement. mehr lesen / lire plus

Scott Cooper : Hostiles

Dans de somptueux paysages, une histoire de rédemption qui matérialise la violence souvent absurde sur laquelle se sont bâtis les États-Unis. On pourrait reprocher à ce western, dont l’essentiel se passe sur des sentiers, un cheminement linéaire ou une vision esthétisante trop classique, mais l’émotion passe, tout simplement.

L’évaluation du woxx : XXX
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Cédric Kahn : La prière

Avec une réalisation bien pensée et un acteur principal attachant (prix d’interprétation à Berlin), Cédric Kahn filme une rédemption sous le signe de la spiritualité. Pourquoi pas, mais l’absence de subtilité dans les métaphores – genre « Le catholicisme pour les nuls » – et les caractères trop simplifiés des personnages finissent par lasser. Dommage.

L’évaluation du woxx : X
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Franck Dubosc : Tout le monde debout

Surprise ! Franck Dubosc, pour sa première réalisation, propose une comédie romantique certes gentillette, mais pas complaisante (notamment sur le handicap) ni gnangnan… et presque sans traits d’humour gras. Du divertissement sans que les bras en tombent, c’est déjà pas mal et ça fonctionne plutôt bien.

L’évaluation du woxx : XX
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Naomi Kawase 
: Il était une fois la lumière


Avec « Hikari », Naomi Kawase fait le pari de filmer une allégorie poétique sur la lumière. Même si elle ne peut éviter les maladresses, la réalisatrice prouve une nouvelle fois la force de son regard.

Un film qui célèbre la lumière… y compris celle, blafarde, d’un métro la nuit. (Photos : Haut et Court)

Dur labeur que celui d’audiodescriptrice de films. Misako Ozaki en sait quelque chose, elle qui travaille d’arrache-pied à l’écriture des descriptions sonores du nouveau long métrage d’un cinéaste reconnu : une séance est en effet prévue pour des personnes atteintes de déficience visuelle. Misako s’implique énormément, mais les séances de visionnage de son travail donnent lieu à des opinions négatives sévères, quoique poliment exprimées. mehr lesen / lire plus

Paul Thomas Anderson
 : Passion intime


Avec sa réputation d’enfant terrible du cinéma américain, on n’attendait pas forcément Paul Thomas Anderson dans un film presque intimiste centré sur une histoire d’amour. La surprise est de taille, même si elle a ses défauts.

Une relation pour le moins complexe.

Quel grand écart entre « Phantom Thread » et les films fleuves « Magnolia » ou par exemple « There Will Be Blood » ! Alors que ces derniers étaient des fresques aux nombreuses ramifications avec un souffle quasi épique, le nouvel opus de Paul Thomas Anderson se confine dans des intérieurs anglais feutrés pour décrire une passion dévorante et hors normes. mehr lesen / lire plus

Francis Lawrence : Red Sparrow

Même si l’on supporte les pseudo-accents russes de la distribution prestigieuse et si l’on évacue la quasi-propagande américaine, on finit par décrocher : fasciné par la préparation de son rebondissement final… et par son actrice principale, le réalisateur en oublie de rythmer son thriller, pâle ersatz à peine modernisé de film de guerre froide.

L’évaluation du woxx : O
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Mike Bell : Just for the Record

Le pianiste et compositeur Mike Bell s’aventure hors de ses chemins musicaux habituels en sortant au Luxembourg un album jazz fait de réminiscences de ses disques d’enfance. Petit compte rendu d’écoute.

Pianiste de country rock, notamment dans le groupe Albert and Hogan’s Heroes, Mike Bell a aussi tâté du rock’n’roll avec de nombreux autres artistes. Ce disque constitue donc une incursion dans un style qu’il avait peu enregistré jusque-là, même si le musicien anglais a grandi en écoutant entre autres Fats Waller, Oscar Peterson, Miles Davis ou John Coltrane.

Au piano, mais aussi aux chœurs et au séquenceur pour la section rythmique – et même au saxophone ! mehr lesen / lire plus

OPL et Gustavo Gimeno : Mahler 4

Quatrième enregistrement de l’Orchestre philharmonique du Luxembourg et de Gustavo Gimeno sous le label Pentatone, cette « Symphonie no 4 en sol majeur » de Gustav Mahler renforce la discographie de l’orchestre sous la baguette de son directeur musical de bien belle façon. Toujours avec une qualité de prise de son qui met en valeur les harmoniques des instruments, cette captation montre la méticulosité de la préparation du chef et de son orchestre face à la musique rigoureusement planifiée du maître autrichien.

Dans le premier mouvement, c’est tout d’abord le sens du tempo qui impressionne : les nombreux ralentis et changements de mesure sont exécutés avec une unité d’excellente facture, donnant le juste caractère délibéré et allant – mais sans hâte – souhaité par le compositeur sur la partition. mehr lesen / lire plus

Peintures tridimensionnelles
 : Une pensée holographique


Faites d’assemblages et de couleurs simples, les peintures tridimensionnelles d’Igor Ganikowskij à galerie Simoncini cachent, sous leur apparence élémentaire, tout un monde de complexité.

« Music », sur une partition de la compositrice russe Sofia Goubaïdoulina. (Photo : woxx)

Des tableaux aux fonds monochromes agrémentés d’objets aux formes géométriques basiques également monochromes, des découpages aux formes simples sans aplats de couleurs multiples aux motifs tarabiscotés… l’entrée dans l’univers d’Igor Ganikowskij à la galerie Simoncini, dont il est un habitué depuis 2004, semble au premier abord se faire sous le signe de la sobriété. C’est que l’artiste, né en 1950 à Moscou, s’est créé tout un langage géométrique spirituel qui ne se déploie qu’à l’aide de certaines clefs, un peu comme avec les représentations kabbalistiques. mehr lesen / lire plus